COLOMBIE : ÉTAT DE DROIT OU ÉTAT DE FAIT ?
Le projet agro-industriel de palme au Curvarado fait éclater au grand jour les liens étroits entre fonctionnaires et entrepreneurs-paramilitaires
Antécédents
De 1996 à aujourd’hui, les communautés afro-descendantes et métisses des bassins hydrographiques du Jiguamiando et Curvarado, situés dans la région du Bajo Atrato au nord du département du Choco, ont été victimes d’attaques systématiques ayant causé plus de 140 victimes d’assassinats et de disparition forcées ainsi que 15 déplacements forcés. La presque totalité de ces violations de droits humains ont été perpétrées soit par des actions directes des forces de sécurité publique de l’État ou sous la stratégie paramilitaire. De ce nombre, six assassinats et un déplacement forcé furent commis par la guérilla des Farc. L’immense majorité de ces crimes demeurent dans l’impunité totale.
En 2001, quelques mois à peine après que les communautés aient reçu un titre de propriété collective sur leurs territoires ancestraux comme le prescrit la loi 70 de 1993, d’immenses plantations de palme africaine ont commencé à être implantées sur leurs terres. L’avancée de ce projet agro-industriel fut accompagnée par une offensive militaire et paramilitaire qui a engendré l’expulsion de l’ensemble des habitants du Curvarado, abandonnant ainsi près de 45 000 hectares de terres. La plupart d’entre eux se déplacèrent dans les différents centres urbains de la région, alors qu’une parte d’entre eux se réfugièrent dans le bassin de la rivière Jiguamiando, situé au sud du Curvarado.
A l’occupation paramilitaire puis militaire de leur territoire, se sont ajoutés les moyens de pression par la terreur pour forcer la vente des terres des paysans, l’utilisation de mécanismes frauduleux d’achat et de ventes de parcelles, la conformation d’associations paysannes par les paramilitaires pour supplanter les autorités légitimes des communautés, le « repeuplement » ou nouvelle colonisation des territoires dirigé par les entreprises, l’appui financier de la part d’institutions agraires gouvernementales au projet agro-industriel de palme implanté illégalement sur les territoires des communautés par 13 entreprises conformées ou protégées, selon les cas, par les structures paramilitaires et le narco-trafique.
Selon le rapport de l’Incoder – Institut colombien de développement rural – émis suite à la Commission de Vérification réalisé en 2004 au Curvarado, 93% des plantations de palme se trouvent au sein des territoires collectifs des afro-colombiens et sont par conséquent illégales. http://www.justiciaypazcolombia.com/Se-mata-con-hambre-se-mata-con
Appuyés par l’organisation de défense des droits humains colombienne la Comision Intereclesial de Justicia y Paz, les communautés ont exigé la dévolution sans condition de leurs territoires occupés, utilisant pour ce faire diverses actions juridiques internes et internationales comme le Système Interaméricain de Droits Humains, le système des Nations Unies, la Juridiction Universelle, la Convention 169 de la OIT, ainsi que des mécanismes de protection de la vie comme le sont les Zones Humanitaires. Ces dernières sont des lieux d’habitation exclusif de populations civiles, se basant sur le droit au « Principe de distinction » reconnu par le Droit International Humanitaire pour les populations civiles vivant au sein d’un conflit armé. Malgré tout cela, aujourd’hui il reste encore 21 000 hectares de terres n’ayant pas été remises aux communautés, terres qui continuent d’être sous le contrôle des entreprises de palme et du paramilitarisme. http://www.justiciaypazcolombia.com/DEVOLUCION-PARCIAL-DE-TIERRAS-EN
Le gouvernement a financé près de 100% de la Palme au Curvaradó, Chocó
Un récent rapport de la Contraloría General de la Nación (équivalent du Bureau du Vérificateur général) a révélé de nouveaux éléments de preuves sur le financement avec des fonds publics ayant permit l’implantation illégale du projet agro-industriel de palme africaine sur les territoires collectifs des communautés afro-descendantes et métisses du Curvarado.
Appui financier pour un projet agro-industriel sur des terres de déplacés
Lorsqu’ils ont sollicité les crédits à Finagro il y a quelques années, les entreprises palmicultrices ont déclaré qu’elles avaient des accords avec les propriétaires des territoires collectifs du Curvaradó et Jiguamiandó. Pour ce faire Urapalma, Palmas de Curvaradó, Agropalma, Palmura, la Tukeka, Palmas S.A se sont servies de mécanismes frauduleux comme des associations paysannes créées par les paramilitaires afin de supplanter les Conseils communautaires, autorités légitimes sur ces territoires.
En février 2009, la Contraloría General de la Nacion, a signalé dans son rapport intitulé: “Auditoría Gubernamental con enfoque Integral, Modalidad Regular , al Fondo para el Financiamiento del Sector Agropecuario, FINAGRO, vigencia fiscal 2005 y 2006, en desarrollo del Plan General de Auditoría -PGA- 2007-2008” que trois mécanismes de financement ont été utilisés afin de garantir une mise en place quasi gratuite du projet agro-industriel. Dans un premier temps, Finagro octroyait le prêt aux entreprises de Palme crées par les paramilitaires et narcotrafiquants (voir plus loin dans l’article) qu’elle déboursait par le biais de la Banque agraire. Dans un deuxième temps environ 50% du crédit octroyé fut assuré par une garantie de paiement du Fondo Agropecuario de Garantías - FAG (Fond Agricole de Garantie) et dans un troisième temps le 50% restant du montant du prêt fut remboursé par une subvention du programme Incentivo de Crédito Rural – ICR – servant à encourager l’investissement dans de nouveaux projets agricoles. C’est ainsi que le rapport affirme que : « Étant donné cet état des choses, l’investissement réel d’Urapalma dans les cultures de palme à l’huile du Curvarado a été financées à presque 100% avec des ressources du système financier agraire officiel. » Entre 2002 et 2006, les ICR approuvés pour le département du Choco montent à 1246 millions de pesos (environ 600 000$ Cad) et de ce montant 1047 millions auraient été octroyés à Urapalma (environ 500 000$ Cad), c’est à dire 89% du total.
Finagro a pris la décision d’octroyer ce financement aux entreprises de Palme pour implanter le projet agro-industriel sur les territoires du Curvarado et Jiguamiando malgré toutes les dénonciations publiques sur le déplacement forcé dont ont été victimes les paysans de cette région et malgré le fait que la Commission puis la Cour Interaméricaine de Droits Humains ait ordonné à l’État colombien l’adoption des mesures de protection spéciale pour ces communautés.
http://www.justiciaypazcolombia.com/GOBIERNO-FINANCIO-CERCA-DEL-100-DE
Promotions politiques douteuses
Malgré les évidentes irrégularités ayant été commises durant les démarches ayant permit l’approbation des crédits par Finagro, Cesar Pardo qui était alors à la tête de cette entité gouvernementale relevant du Ministère de l’agriculture, fut par la suite promu par le Président Uribe Velez au poste de président de la Banque agraire. Il est évident que Finagro n’a pas financé les petits paysans ni les Conseils communautaires des afro-descendants, sinon que cette entité gouvernementale a opté pour financer les bénéficiaires directs du paramilitarisme ainsi que les paramilitaires étant devenus eux-mêmes les entrepreneurs dans le projet agro-industriel de la Palme.
http://www.justiciaypazcolombia.com/GOBIERNO-FINANCIO-CERCA-DEL-100-DE
D’autre part, Luis Ignacio Guzman, qui en 2004 lors du déroulement de la Commission de Vérification au Curvarado[1] fut porte-parole des entrepreneurs du projet agro-industriel de la palme africaine et qui figurait alors lui-même en tant que représentant légal de l’entreprise Palmas del Atrato S.A., a été promu consul de Miami aux É.U par le Président Uribe Velez. D’ailleurs il semble que les deux hommes politiques sont très proches puisque lorsqu’Uribe était gouverneur du département d’Antioquia celui-ci a nommé Luis Ignacio Guzman « gouverneur en charge » (remplaçant) et secrétaire général à quinze reprises. De plus, Uribe avait également, depuis la Présidence, appuyé publiquement sa candidature au Sénat de la République en tant que membre du parti Cambio Radical[2]
http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=4195
www.siporcuba.it/Carimagua%20Inc.doc
Liens scandaleux entre hauts fonctionnaires gouvernementaux et « entrepreneurs-paramilitaires »
Les liens entre les structures paramilitaires et les entrepreneurs de palme ayant été financés par le gouvernement sont maintenant très connus. Pourtant malgré cela, ces derniers continuent de jouir de la liberté et de profiter de ce projet illégal ayant été implanté à feu et à sang sur les terres des communautés afro-descendantes et métisses ayant du fuir la terreur.
Kathia Sánchez, membre du comité directeur de Urapalma, est aussi l’épouse de Hernán Gómez connu sous le surnom de « El Sibarita », qui selon ce qu’a exprimé Carlos Castaño[3] dans son livre « Mi Confesión » aurait été le véritable chef dans l’ombre derrière les AUC. Kathia Sánchez fait présentement l’objet d’un processus pénal à son encontre (qui avance à pas de tortue) pour les délits de déplacement forcé, dommage environnemental et « complot pour commettre un délit »[4].
http://www.justiciaypazcolombia.com/GOBIERNO-FINANCIO-CERCA-DEL-100-DE
Un autre membre du comité directeur de Urapalma est Antonio Zuñiga Caballero, membre d’une famille reconnue pour ses liens avec le narco-trafique, comme l’affirme Castillo dans son livre “Los Jinetes de la Cocaína”. Selon des témoins, Antonio Zuñiga, s’est réuni au moins deux occasions avec Vicente Castaño, frère de Carlos Castaño et également un des plus importants chefs des AUC, dans une de ses fermes de San Pedro de Urabá. Vicente Castaño a d’ailleurs déclaré peu de temps après à la revue Semana, qu’il avait lui même emmené les entrepreneurs de Palme dans la région du Bajo Atrato.
http://semana.terra.com.co/opencms/semana/articulo.html.id=87628
Les tentacules de la famille Zuñiga Caballero se sont étendues jusqu’au entités gouvernementales agraires. Maria Fernanda Zuñiga Chaux, la fille de Antonio Zuñiga Caballero, est quant à elle membre du comité directeur de Palmura S.A. De plus, alors que Maria Fernanda Zuñiga Chaux était directrice de Fiduagraria - la société fiduciaire du développement rural - entité relevant du Ministère de l’Agriculture, 3708 millions de pesos (environ 1 850 000 $ Cad) en crédit de la Banque agraire ont été octroyés à Urapalma, l’entreprise dans laquelle figure son père. Enfin elle fut aussi gérante de la Caisse agraire alors que celle-ci était en liquidation en 2005-2006, justement durant les deux mêmes années ou des transactions ont été réalisées en faveur des entreprises de palme. http://www.fiduagraria.gov.co/nosotros/8860959.pdf
Par ailleurs, María Fernanda Zuñiga Chaux est aussi la nièce de Juan José Chaux, ex-ambassadeur en République Dominicaine, qui a du renoncer à ce poste suite au scandale où à été rendu public sa participation dans la ténébreuse rencontre nocturne ayant eu lieu à la Casa de Nariño (maison présidentielle) entre alias « Job », l’émissaire et bras droit du paramilitaire «Don Berna », Edmundo del Castillo, conseiller juridique de Alvaro Uribe Vélez, ainsi que l’attaché de presse de Uribe. Cette rencontre avait pour but, selon ce qui fut révélé dans les médias, de permettre à alias « Job » de donner de l’information à l’encontre d’un des Magistrats de la Cour suprême de justice concernant un supposé complot contre Uribe[5]. Cependant, il fut connu par la suite que la participation de Juan José Chaux dans cette réunion répondait au fait que celui-ci craignait d’être dénoncé par le paramilitaire démobilisé Ever Veloza, alias « HH », dans ses déclarations devant la Justice dans le cadre de la loi 975 dite « de Justicia y Paz ». http://www.elespectador.com/node/38196/
Le nom de Rodrigo Zapata a été connu publiquement en avril 2008, suite à ce désormais tristement célèbre scandale de « la Casa de Nari », lorsque le paramilitaire démobilisé alias « Job » a eu une conversation téléphonique avec lui en sortant de la maison présidentielle. http://www.eltiempo.com/colombia/justicia/2008-08-31/llamada-de-alias-job-puso-en-la-mira-de-las-autoridades-a-otro-ex-para-rodrigo-zapata_4492516-1
Rodrigo Zapata, connu aussi sous les alias de « El Negro » ou « Ricardo », est un démobilisé du bloc paramilitaire « Calima » qui était sous l’autorité du chef paramilitaire Éver Veloza ou « HH ». Ce dernier a affirmé lors de ces déclarations devant la justice que Rodrigo Zapata est non seulement propriétaire de plantations de palme dans le Choco mais qu’il est également à la tête des « affaires » de la palme dans cette région. D’ailleurs selon plusieurs témoignages Zapata aurait hérité des affaires de la famille Castaño Gil à Belén de Bajirá, Mutatá, Carmen del Darién et Riosucio (Bajo Atrato), entres autres de stations d’essence, de quincailleries, d’épiceries, de véhicules, de machinerie, de terres et de plantations de palme…
http://www.justiciaypazcolombia.com/Rodrigo-Zapata-en-agronegocios-de
Avant son extradition vers les État-Unis le 3 mars dernier, « HH » a rendu aux procureurs une mémoire où Carlos Castaño mentionne la relation entre Vicente Castaño et le projet agro-industriel de palme africaine dans le Curvarado. http://www.eltiempo.com/colombia/justicia/2008-09-21/paramilitar-alias-hh-incrimina-a-palmeros-y-a-empresario-de-bello-antioquia_4542245-1
« HH » a aussi raconté comment le projet de la palme dans le Choco a reçu l’aide de Teresa Gómez aussi connue comme Teresa Castaño, belle-mère du paramilitaire Ignacio Roldán alias de “monoleche” qui est sur le comité directeur d’Agropalma, autre compagnie présente au Curvarado. www.siporcuba.it/Carimagua%20Inc.doc
Enfin « HH », ancien chef de Zapata, a manifesté que plusieurs « ex–paras » connaissent en profondeur le projet de la palme dans le Bajo Atrato et en particulier Zapata puisqu’il fut le responsable de légaliser à l’Incora[6] les papiers des terres pour l’implantation du projet de palme africaine au Jiguamiandó y Curvaradó, Chocó, terres que selon ses déclarations Vicente Castaño a commencé à acquérir en 1996.[7]
CONCLUSION
Des communautés paysannes et afro-descendantes ont été déplacées, terrorisées puis persécutées par les structures paramilitaires, agissant en complicité avec la Brigade 17, afin qu’elles quittent les terres où l’on prévoyait implanter le projet agro-industriel de palme africaine. Une fois le territoire vidé, les chefs paramilitaires, nouveaux seigneurs terriens, ont obtenu que le gouvernement finance presque totalement ce projet agricole illégal. Pourtant, les hauts fonctionnaires du gouvernement colombien connaissaient depuis 2001 les dénonciations selon lesquelles ces communautés étaient attaquées systématiquement par les paramilitaires ce qui avaient généré leur déplacement forcé et que des plantations de palme étaient apparues sur les territoires collectifs de celles-ci. Malgré cela nous apprenons aujourd’hui par des sources officielles que ce projet agro-industriel baignant dans la criminalité a été financé dans sa presque totalité par l’État. Ce même projet qui a engendré 134 victimes civiles innocentes parmi les communautés. Une après l’autre les preuves qui démontrent cette terrible chaine de complicité sortent de l’ombre ; les entrepreneurs de palme sont dans le meilleur des cas les bénéficiaires directs du paramilitarisme et dans le pire des cas ils sont eux même parmi les plus importants chefs paramilitaires qu’a connu le pays. Malgré cela l’État les a financés. Les plantations de palme au Curvarado continuent encore actuellement d’être protégées par les effectifs de la Brigade 15 de l’Armée nationale.
Jusqu’à aujourd’hui, tous les crimes commis contre ces communautés demeurent impunis. La majorité de ces « para-entrepreneurs » et fonctionnaires continuent de se promener librement. Un volumineux processus judiciaire à leur encontre est stagné. Il n’y a aucune volonté politique pour que les milliers d’hectares de terres soient redonnées aux communautés ni pour que les responsables de tous ces crimes et violations de droits humains soient traduits en justice.
Rodrigo Zapata a finalement été capturé le 19 mars 2009 dans le nord de Bogota. http://www.elespectador.com/noticias/judicial/articulo128937-capturan-hombre-de-confianza-de-vicente-castano Quant à Daniel Rendón Herrera, alias “Don Mario”, chef paramilitaire étant supposé être l’homme le plus recherché dans tout le pays, a été vu à deux reprises il y a peu de temps à Caño Manso, Curvaradó, sans qu’il ne soit capturé par les autorités, malgré le fait que sa présence ait été signalée à ces dernières.
Malgré le fait que l’Incoder et le Ministère de l’agriculture aient reconnu dans diverses résolutions que le projet de palme fut implanté illégalement sur les territoires collectifs des communautés et que les terres doivent leur être rendues, il semble y avoir un pas de géant entre l’écrit et la réalité. Sur le terrain, les responsables de tels crimes continuent d’opérer sans souci au sein des plantations de palme, aux côtés des effectifs de la Brigade 15 et de la Police de l’Uraba. De nouveaux terrains continuent d’être défrichés pour l’avancée du projet. Les paramilitaires « démobilisés » se promènent désormais en civil avec armes courtes et continuent de faire régner une terreur invisible. Dans ce contexte, que peut-on vraiment espérer de l’administration de la justice face à cette criminalité incrustée dans les sphères du pouvoir politique local, régional et national ? Probablement rien. Si un paramilitaire fraichement « démobilisé » est invité à une réunion à la maison présidentielle afin de comploter contre les magistrats de Cour Suprême qui agissent dans les dossiers de la « para-politique », peut-on vraiment espérer que se concrétise sous ce gouvernement une volonté politique en faveur de la réparation des victimes ? Probablement pas.
Le scandale dans ce pays fait maintenant partie de l’habitude, la même qui accompagne l’impunité institutionnelle, la même qui a fait passer la Colombie d’un État de droit à un État de fait. Il y a presque 100% d’impunité, presque 100%, comme pour le financement gouvernemental du projet illégal de palme africaine au Bajo Atrato.
[1] La Commission de Vérification, visait à déterminer l’emplacement exact des plantations de palme afin que le gouvernement puisse par la suite se prononcer sur la portion de celles-ci ayant été implantées illégalement sur les territoires collectifs des communautés afro-descendantes.
[2] Un parti politique fortement touché par les scandales de la « para-politique ».
[3] Carlos Castaño a été le chef politique des AUC jusqu'à sa mystérieuse disparition en avril 2004.
[4] Traduction libre du concept juridique en espagnol « concierto para delinquir ».
[5] Les juges de la Cour Suprême ont été victimes de plusieurs accusations publiques arbitraires de la part du Président Uribe depuis qu’ils ont commencé à être très actifs dans les dossiers de la « para-politique ».
[6] Incora – Institut colombien de réforme agraire – devenu par la suite Incoder – Institut colombien de développement rural.
[7] HH a également dénoncé que ce Zapata est responsable de 27 morts à Titiribí, Amagá et Angelópolis, dans le département de Antioquia et que Teresa Castaño a créé Asoprobeba, une association paysanne sous contrôle paramilitaire, comme mécanisme pour consolider l’expropriation territoriale au Curvarado