Des Eurodéputés demandent que l’Union Européenne enquête sur les violations des droits de l’homme en Colombie
Oidhaco Press. 01/05/2009
Ce mercredi 29 avril, a eu lieu à Bruxelles un débat entre des parlementaires, des syndicalistes internationaux, des politiques, des représentants des indiens et des travailleurs colombiens, convoqués par Helmut Markov, le président de la Commission du Commerce International de l’assemblée européenne. Des parlementaires européens en ont conclu que l’Union Européenne ne peut pas signer un accord commercial avec la Colombie sans avoir auparavant enquêté sur les violations des droits de l’homme et la situation des syndicalistes dans ce pays.

Est-ce que l’Union Européenne peut signer un Traité de Libre Commerce avec la Colombie, en trahissant ses principes en matière de droits de l’homme ? Ce fut la question qui a plané pendant les trois heures de ce débat préparatoire au troisième round de négociations qui aura lieu entre l’Europe et le gouvernement colombien entre le 5 et le 8 mai prochain. « Cet accord ne s’ajuste pas aux valeurs de l’Union Européenne » a souligné le président de la Commission du Commerce International, Helmut Markov. Pour sa part, Gabriela Cretu, eurodéputée et vice-présidente de la Délégation pour les pays andins, a signalé que pour signer le Traité de Libre Commerce avec la Colombie, on ne peut pas oublier que « le Parlement Européen a un engagement avec les valeurs de l’Union Européenne ».
Au cours de cette rencontre, on a mis en exergue le fait que la Colombie est le pays du monde où on assassine le plus de syndicalistes et où le tissu syndical a été le plus détruit. La CUT, par exemple, qui est la principale centrale des travailleurs colombiens, et qui était arrivée à avoir un million et demi de syndiqués, n’en a plus aujourd’hui que 420.000 en raison des procédés d’élimination, sans que le gouvernement d’Alvaro Uribe n’ait fait quoi que ce soit pour freiner la vague d’assassinats des membres du syndicat, et qu’il a parallèlement tout fait pour mettre des obstacles à la création de nouveaux syndicats puisque son administration a refusé jusqu’à 515 demandes de création.
Le travailliste Richard Howitt a demandé que la Commission Européenne ouvre une enquête sur les graves dénonciations qui existent à propos de la Colombie : « L’Europe ne peut pas tout laisser à l’OIT et aux Nations Unies, en se lavant les mains sur ce qui se passe là-bas » et il a ajouté avec force « Ici, on ne fait pas de commerce avec les droits de l’homme ». L’eurodéputé Alain Lipietz a affirmé qu’ « avec la forme actuelle de négociation de la Commission Européenne, on en finit avec le prestige international de l’Union Européenne en matière de droits de l’homme ».
Au cours de cette rencontre des politiques et de la société civile européenne avec les travailleurs, les indiens et les politiques colombiens soutenus par les ONG européennes, FIDH, ALOP, Grupo Sur, Amis de la Terre Europe, OIDHACO, Réseau UE-CAN, Coordination Belge pour la Colombie, Justice For Colombia et le Transnational Institute, ont été entendus les témoignages d’indiens et de travailleurs qui ont, une fois de plus, dénoncé devant l’Union Européenne l’élimination du mouvement syndical en Colombie et la persécution des ethnies et des minorités organisés par l’administration colombienne. Ils ont demandé le soutien des européens pour qu’une fois pour toutes, les droits de l’homme en Colombie, soient un thème prioritaire en Europe. Le syndicat britannique Unite et le syndicat de l’acier des Etats-Unis, qui représentent 3.6 millions de travailleurs, ont annoncé le début d’une campagne dans plusieurs pays européens pour bloquer la signature du traité de libre commerce avec la Colombie.
Source : Rebelión - Portada Europa
Voir les images du 1er mai à Paris de Germán Guzman
Dernière mise à jour de cette page le 03/05/2009