Carlos Alberto Castaño

Carlos Alberto Castaño, un homme des luttes populaires, persévérant et permanent

Avec sa galerie photographique historique itinérante, il a accompagné toutes les marches et manifestations qui ont eu lieu en Colombie pour dénoncer ce qui s’y passe. Il a accompagné le Professeur Moncayo, la Marche des locataires, la marche contre la faim et la pauvreté qui avait eu lieu à partir de Popayán l’an dernier. Pendant la Minga, il a travaillé sur la mémoire et la réflexion à travers ce prisme de vérité qu’est la photographie.

Aujourd’hui, notre camarade Alberto s’est enchaîné dans le parc Murillo Toro de Ibagué (capitale du département du Tolima) en signe de résistance, de dénonciation et de revendication envers ceux qui ont « séquestré » sa galerie de photos, qui est en fait « notre » galerie photographique. Car à travers cette chronologie de la résistance en images, transparaissent le vécu et l’évidence des glorieuses et courageuses luttes populaires et sociales qui ont lieu dans les campagnes, les villages et les villes de Colombie.

Cet acte de violence porte donc atteinte non seulement à la liberté d’expression, à la recherche, à l’art et aux symboles, mais constitue également une menace évidente pour la mémoire historique populaire et culturelle des secteurs sociaux de ce pays. C’est un acte grave de la part d’agents de police qui appartiennent à une des nombreuses institutions engagées dans des actions qui se situent en dehors des normes constitutionnelles colombiennes.

Nous rejetons avec force cette procédure policière et nous appelons les organisations sociales et populaires colombiennes à exprimer leur solidarité.

NOUS EXIGEONS VERITE ET REPARATION :Que cette affaire soit rapidement éclaircie par les « autorités » compétentes et que cette exposition soit retournée dans sa totalité et intégrité au camarade journaliste communautaire Alberto Castaño.

Fondation Initiative Populaire. Bogotá, 13 juin 2009

 

Le directeur d’une galerie photographique attaqué par la police s’enchaîne à Ibagué

Par Nelson Lombana Silva

Carlos Alberto Castaño Martínez, directeur de l’exposition photographique internationale « Réalités, parce que l’œil et la lentille ne mentent pas », dont le travail a été violemment confisqué par la police dimanche dernier, a décidé de s’enchaîner aujourd’hui à 15h00 dans le parc Manuel Murillo Toro, face à la préfecture, afin de protester, dénoncer et exiger qu’on lui rende, le plus rapidement possible, toute cette galerie de la mémoire, dans l’état où elle a été confisquée.

Plus de deux mille personnes qui ont participé à la mobilisation nationale organisée par la CUT (Centrale Unitaire des Travailleurs) se sont associées aux passants pour accompagner l’action de protestation de ce journaliste et reporter graphique, membre de l’association nationale des médias, ASOPRENSA, section du Tolima.

« C’est un acte de résistance contre tout ce type de politiques. Cette chaîne qui me lie, n’est pas une chaîne qui me lie moi seul, c’est le symbole des chaînes qui lient le peuple colombien : La faim, la misère, la corruption et la répression officielle » a affirmé le directeur de cette exposition photographique internationale qui a voyagé à travers plusieurs pays comme la république bolivarienne du Venezuela, l’Espagne, l’Italie, l’Equateur et plusieurs capitales de régions en Colombie.

« Vous pouvez voir comment les habitants d’Ibagué meurent de faim et n’ont pas de travail, pourtant la « sécurité démocratique » achète une énorme quantité de véhicules, d’armes, de bottes, de fusils et d’uniformes pour continuer à armer et à mettre des uniformes sur nos enfants. C’est maintenant que devons tous relever la tête, ne plus continuer à plier le genou, nous devons apprendre à avoir de la dignité et à relever la tête » a-t-il ajouté.

Cet homme de communication a dénoncé l’agression que la police lui a fait subir dimanche dernier : « J’étais avec ma femme et mes deux enfants en train de préparer l’exposition de la galerie de la mémoire, une galerie qui montre l’horreur et les infamies de  toutes les horreurs que nous imposent les puissants depuis plus de 500 ans. Il était une heure de l’après-midi. Un lieutenant avec quatre policiers s’est approché, et sans dire un mot, il a défait la corde et fait tomber par terre l’exposition photographique. C’était une énorme offense pour moi, ainsi que pour ma compagne, qui a eu beaucoup de courage et a essayé d’empêcher cette infâme confiscation. Mais un de ces gars en uniforme, avec le grade de caporal, lui a donné un violent coup de poing au visage. Ce sont les enfants du peuple en uniformes qui frappent d’autres enfants du peuple. Sans dire un seul mot, ils ont emporté la galerie de la mémoire. Aujourd’hui, je veux les dénoncer, je veux que le peuple soit témoin de l’infamie et de l’inculture de la répression dirigée par le terroriste Uribe Vélez ».

« C’est maintenant qu’il faut que nous unissions tous : Les indiens, les noirs, les déplacés, les vendeurs à la sauvette, les miséreux… Nous sommes les plus nombreux, eux ils sont moins » a ajouté Castaño Martínez, prisonnier des chaînes de l’infamie. Plusieurs dirigeants syndicaux, politiques et populaires qui participaient à la manifestation, ont évoqué une pratique policière honteuse et antidémocratique.

Moisés Cortés, président de la section d’Ibagué du syndicat des travailleurs agricoles du Tolima, SINTRAGRITOL, a affirmé : « Ce pays est totalement en déroute. Ici, nous devons chercher un changement clairement politique, nous ne pouvons pas continuer à croire au discours des libéraux et des conservateurs, nous ne pouvons pas continuer à permettre qu’ils continuent à tromper les gens pour un beignet, un plat de cochon rôti, une assiette de soupe, une tuile de zinc ou un panier de victuailles ».

Il a ajouté : « Combien d’indigènes, combien de paysans ont donné leur vie dans la guerre insensée livrée par ce gouvernement de Uribe Vélez en huit ans d’un mandat qui va bientôt terminer ? Le peuple n’en a jamais vu un bénéfice, il ne connaît que le bâton comme celui qui frappe Carlos Alberto Castaño Martínez et les vendeurs à la sauvette d’Ibagué et de Colombie. Nous devons dire à Chucho Botero, le maire d’Ibagué, qu’au lieu d’envoyer des agents de police confisquer la marchandise et une exposition photographique connue internationalement, il ferait mieux de chercher des propositions qui créent de l’emploi, des sources de travail qui permettent d’en finir avec l’invasion de l’espace public. Aux prochaines élections, nous allons dire stop à ces corrompus, nous allons chercher un changement politique qui est incarné par le Pôle Démocratique. C’est ce dont a besoin cette société ».

Ricardo Varón, dirigeant syndical d’ANTHOC, a indiqué : « Alvaro Uribe est en train de démontrer son incapacité mentale. Il n’en peut plus, si ce n’est pour s’agenouiller devant le maître du nord et continuer à livrer le pays pour quelques miettes. C’est ce que lui donne les Etats-Unis avec le Plan Colombie ».

Pedro Antonio Varón a souligné : « Pendant ce temps-là, le peuple colombien est converti en cible des faux positifs, chair à canon ou entreprise de récompenses officielles, parce que dans ce pays, le crime est devenu un négoce pour les agents de l’Etat, qui assassinent des innocents et en touchent des récompenses de l’Etat lui-même »

Cette manifestation énergique a exigé que la police rende immédiatement et complètement la galerie de la mémoire et qu’une sanction exemplaire soit appliquée au caporal qui a agressé physiquement et moralement la compagne de Carlos Alberto Castaño Martínez. « Il est nécessaire de dénoncer ce cas au procureur général de la nation et aux organismes défenseurs des droits de l’homme pour que ce fait ne reste pas dans l’impunité » a dit le représentant de ASOPRENSA qui a pris la parole au cours de cette rencontre combative qui a eu lieu dans la ville capitale colombienne de la musique, en présence d’étudiants du SENA, de l’ONG REINICIAR, de membres du parti communiste, du pôle démocratique alternatif et de camarades de plusieurs municipalités du département du Tolima.

Ibagué, 11 juin 2009

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 22/06/2009