Appel NON aux bases militaires en Colombie

Tract NON AUX BASES MILITAIRES

 

Pour vous associer à la campagne "Amérique Latine, Territoire de Paix ! Non aux bases militaires !" et recevoir des infos sur la création des bases de paix, envoyez un mail avec votre nom, prénom, qualité, ville à l'adresse suivante : basesdepaz.paris@gmail.com

  Voir aussi Facebook / Bases de paz - América Latina Territorio de Paz

 

AMERIQUE LATINE,

TERRITOIRE de PAIX !

NON AUX BASES MILITAIRES !

 

 

Chers amis du mouvement “Colombiens et Colombiennes pour la paix”, Madame la sénatrice Piedad Cordoba,

Paris, 30 août 2009

 

Nous, organisations, associations, comités et personnes soussigné(e)s, sommes très préoccupé(e)s par la décision qu’a prise le gouvernement colombien de donner aux Etats-Unis le contrôle de sept bases militaires au prétexte de la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues.

Cet accord représente une véritable menace contre la stabilité et la paix de la région. Il vise manifestement à écarter toute solution politique au conflit armé colombien en écrasant avec encore plus de force les mouvements populaires de Colombie qui continuent à résister pacifiquement dans les rues et à s’opposer à la barbarie. Il vise aussi directement les processus progressistes du continent, particulièrement ceux des peuples des républiques voisines du Venezuela et de l’Equateur et génère une inquiétude sans précédent dans la région.

Nous voulons exprimer notre solidarité avec l’initiative, lancée par votre mouvement d’opinion et par le Président vénézuélien Hugo Chávez Frías, qui cherche à fonder une réponse de paix face à cette stratégie belliciste :  En développant la création de bases de paix, il s’agit d’œuvrer ensemble pour la consolidation des processus démocratiques et progressistes qui fleurissent en Amérique Latine, en faisant de ce continent un « territoire de paix », de la Patagonie jusqu’au mur de la honte sur le Rio Bravo, reconnu dans le monde entier.

C’est pourquoi nous, Latino-américains et Français amis de l’Amérique Latine, personnes individuelles ou organisations, nous nous rassemblons avec détermination pour créer des bases de paix en France (Paris, Strasbourg, …).

Ces bases de paix auront à cœur de développer toutes les initiatives qui permettront non seulement d’alerter l’opinion publique sur cette contre-offensive impérialiste et réactionnaire mais aussi de créer un climat favorable à une solution politique négociée au conflit colombien.

Cordialement.

AMERIQUE LATINE, TERRITOIRE DE PAIX : NON AUX BASES MILITAIRES  

Une autre Colombie est possible dans la paix et la justice sociale

 

Premiers signataires : CPCP. Coordination Populaire Colombienne à Paris / Colombiens et Colombiennes pour la Paix – France / Comité d’Information sur l’Amérique Latine de Nanterre / Pôle Démocratique Alternatif PDA – Paris, Ile de France / Collectif National Anti-Otan - France

Adhésions Organisations : ALBAFRANCIA / Argentin@s en el exterior / Association France Amérique Latine. FAL / Association France Cuba / Association Raíces Cubanas / Cercle Bolivarien de Paris / Collectif Alerte Honduras / Collectif des Péruviens en France / Collectif Manos Limpias / Collectif « Venezuela 13 avril », Bruxelles / Comité Pérou / Comité pour les Droits Humains « Daniel Gillard », Bruxelles / Conseil ProBolivia France / IJAN. Réseau International Juif Anti-Sioniste / LA PLUMA. Agence « Los pueblos en pie ». Presse non alignée / MRAP. Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples / Radio Latinos / Tribunal International d’Opinion. Cas Sur de Bolívar (TIO France) / Union des Associations Latino-américaines en France

Adhésions Partis : Parti de Gauche / NPA Nouveau Parti Anticapitaliste / Les Alternatifs / Communistes du Pérou en France / Les Verts de France

Premières signatures Militants et Personnalités : BAGGIO Danilo, chargé de mission, St Denis (93) / BOUDIN Henri, militant, St Ouen (93) / CAILLETAUD Marie-Claire, ingénieur, syndicaliste / CALVO OSPINA Hernando, journaliste, écrivain (93) / CANDELIER Jean-Jacques, Député PCF, Secrétaire de la Commission « Défense Nationale et Forces Armées » de l’Assemblée Nationale (59) / CANO Carolina, sociologue, Paris (75) / COLIN Philippe, enseignant, Paris (75) / CORDOVA KACERGINSKI Liliane, militante anti-impérialiste et antisioniste (92) / DIKIERMAN Annie, militante, St Ouen (93) / DUPRET Paul-Emile, juriste, conseiller politique groupe GUE/NGL du Parlement européen / GAVIRIA Beatriz, militante colombienne, Puteaux (92) / GEGOUT Catherine, ancienne conseillère de Paris (75) / GONZALEZ JUSTO Pablo Luis, président Association Raíces Cubanas (93) / GRANADA Zayda, militante colombienne / GUZMAN NOGALES Germán, journaliste photographe, Paris (75) / JIMENEZ-COLIN Juliana, architecte, CPCP. Paris (75) / LABBE Pascal Maria, ingénieur / LE MANISSIER Gérard, militant, St Herblain (44) / LE MIGNOT Renée, membre du collège de la présidence du MRAP (75) / LOPEZ PALACIO Jorge, musicien, anthropologue, écrivain franco-colombien / LUNA PORRAS Alvaro, dirigeant associatif, Paris (75) / MACIAS Paulina, psychanalyste, Paris (75) / MATTE Maryse, défenseure des pauvres sans terre / MARCHAIS Catherine, fonctionnaire territoriale, Nanterre (92) / MESNARD Lionel, cyber-journaliste, Paris (75) / NEUVILLE Richard, commission internationale des Alternatifs / RADUREAU Carole, conseillère municipale communiste (78) / RAMIREZ Loîc, étudiant, jeune communiste (92) / RESTREPO Rodrigo, ingénieur, Paris (75) / RIEU Bernard, syndicaliste / ROMET Daniel, enseignant, Lussas (07) / SALAMANCA Véronique, étudiante, St Denis (93) / SALAMANCA Manuel, membre de la CPCP (92) / SAULIERE Saya, consultante en Equateur / SEQUEIRA Yehina, assistante commerciale trilingue, France / SCIUTO Claire, enseignante, Paris (75) / SCIUTO Elie, Enseignant, Paris (75) / VESCOVO Jean-Charles, porte parole Parti de Gauche Alsace (67) / VIERA Vanessa, militante associative, Strasbourg (67) / YONG VIVAS J.Gregorio, metteur en scène et écrivain, Strasbourg (67) / ZULUAGA OSPINA Natalia, cinéaste

 

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Les bases militaires nord-américaines en Colombie :

 réimplantation des l'École des Amériques ou dispositif de contrôle continental?

 

Avec l'adoption en 1998 du Plan Colombie par le gouvernement d'Andres Pastrana, la présence militaire des États-Unis s'est considérablement accrue sur le plan économique et logistique. Tout comme l'accord qui va permettre l'ouverture de certaines bases colombiennes aux forces étasuniennes, ce plan fut élaboré aux États-Unis, à l'insu du peuple colombien, sous prétexte de lutte contre la drogue et le « terrorisme ».

Les bases concernées par le récent accord entre le gouvernement colombien et celui des États-Unis sont celles, aériennes, d'Apiay dans le département du Meta, de Malambo, située dans l'aire métropolitaine de Barranquilla, de Palenquero, située à Puerto Salgar dans le département de Cundinamarca, de « Tres Esquinas  et Larandia », dans le département amazonien du Caqueta et de Tolemaida, dans le département central de Tolima. L'accord concerne aussi la base navale de Bahia Malaga sur la côte pacifique et celle de Cartagena sur la mer des Caraïbes. L'accord porterait ainsi sur 6 bases aériennes et 2 bases navales.

La présence des troupes nord-américaines sur le sol colombien et l'élargissement de leurs missions  constituera aussi un défi politique pour les diverses organisations comme Colombiennes et Colombiens pour la paix qui, dans un contexte sans cesse plus hostile, devront poursuivre leurs actions pour parvenir à un règlement juste du conflit.

L'augmentation des capacités opérationnelles des installations prévue par l'accord montre qu'à l'évidence les opérations qui partiront de ces bases ne se limiteront pas à de simples opérations antinarcotiques ni même à l'aire géographique andine. Le commandement Sud des États-Unis (South Com) cherche en effet à établir des bases lui rendant accessible l'ensemble du continent sud-américain et lui permettant d'exécuter des opérations antinarcotiques jusqu'en 2025. Cette extension du domaine opérationnel est rendu manifeste par l'accroissement du nombre de soldats et de personnel sous contrat qui, de 575 aujourd'hui, devrait atteindre les 1400.

 

Une nouvelle « École des Amériques » en Colombie?

Les accords qui sont sur le point d'être signés ont pour objectif de remplacer l'ancienne Écoles des Amériques ainsi que d'autres centres d'entraînement et de formation destinés aux armées latino-américaines. Dans une message écrit adressé le 28 juin 2009 aux sénateurs colombiens, le ministre de l'intérieur Fabio Valencia a ainsi affirmé que l'accord doit permettre « d'approfondir la coopération dans des domaines comme ceux de interopérabilité, des procédures conjointes, de la logistique et de l'équipement, de la formation et de l'instruction, du renforcement des capacités de reconnaissance et de contrôle, des exercices conjoints et tout spécialement celui de l'échange d'information. »

 

Vers un contrôle régional?

Le gouvernement brésilien a manifesté son inquiétude face à l'installation de ces bases militaires. Selon lui, la présence militaire du Commandement Sud en Colombie peut constituer un facteur de déstabilisation pour la région. Les déclarations du ministre des affaires étrangères Celso Amorin et de conseiller pour les relations extérieurs Marco Aurelio Garcia sont à cet égard très claires : “Ce qui préoccupe le Brésil, c'est une présence militaire forte, dont les objectifs et les capacités iraient beaucoup plus loin que les besoins internes à la Colombie”. Celso Amorim a par ailleurs ajouté qu'il existait une contradiction entre l'affirmation de Bogota selon laquelle les FARC auraient été pratiquement anéanties et l'augmentation de la présence militaire étasunienne sur le territoire colombien.

Pour les militaires brésiliens, cette nouvelle situation relance le débat autour de ce qu'ils appellent une « géopolitique de l'encerclement ». Une étude brésilienne établit ainsi qu'entre 2001 et 2006, plus de 6300 militaires américains étaient engagés dans la construction de pistes et de bases qui forment une véritable ceinture militaire autour du Brésil. Comme l'ont montré une série d'articles sur la question publiée sur le site d'analyse militaire Defesanet, cette politique « d'encerclement » répond non seulement au besoin des États-Unis de garantir leur approvisionnement en pétrole (dont 25% provient des pays andins) mais aussi à une volonté de contrôler les ressources naturelles du bassin amazonien.

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 09/10/2009