"Justice et Paix" ou la parapolitique révélée

Colombie : « Justice et Paix » ou la parapolitique révélée

17 juillet 2009

En juillet 2005 la Colombie mettait en place une nouvelle loi, qui prévoie le désarmement des milices colombiennes à moindre coût. Si en théorie elle s’adresse aussi aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, les FARC, les principaux bénéficiaires de la législation sont les paramilitaires, pour lesquels il est prévu une peine maximale de huit ans en échange d’un aveu concernant les nombreux massacres dont ils sont responsables, une restitution des terres volées à la population civile, et une collaboration avec la justice. A ce jour, 21 000 assassinats ont été reconnus, et environ 2 000 fosses communes localisées. Une goutte d’eau dans l’océan des violences colombiennes, selon les agences de protection des droits de l’Homme, qui considèrent les statistiques se situant plutôt aux alentours des 70 000 victimes. En 2008, 380 000 personnes ont dû abandonner leurs terres, quatre millions ont été déplacées, et près de 500 000 se sont réfugiées dans les pays voisins. La Cour Constitutionnelle offre par cet arrêt un moyen pour les paramilitaires de faire table rase de leurs dettes envers la justice en toute sérénité, puisque dans les faits, une seule condamnation a eu lieu en quatre ans.


En revanche, ce bricolage législatif a permis d’étaler au grand jour les relations très étroites entre les paramilitaires et le gouvernement. Le scandale dit « parapolitique » concerne environ 70 membres du Congrès ayant conclu un accord « d’entraide mutuelle » avec les milices : ces dernières appuient leur candidature sur le terrain, notamment en « incitant » les populations au vote « adéquat », en échange de quoi les politiciens offrent leur protection aux miliciens. Depuis longtemps déjà flottait la rumeur d’une alliance étroite entre les paramilitaires et les autorités du pays. Aujourd’hui avérée, elle concerne les partisans les plus fervents du président Uribe, qui a fait voter il y a quelques mois un amendement lui permettant un troisième mandat….sans risque de coup d’Etat, cette fois, et pour cause.

Source : affaires-stratégiques.info (IRIS. Institut de Relations Internationales et Stratégiques)

 

Date de dernière mise à jour : 11/09/2013

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