Projet de solidarité avec CAVIDA et la Comision Intereclesial Justicia y Paz

 

COLOMBIE

Département du Chocó

OUI à la vie, dans la paix, la justice et la dignité

Reportage photo de Catherine Gégout. Voir Diaporama PICASA


 

Les communautés de Cacarica ont appelé CAVIDA les zones humanitaires qu'elles ont créées : Communautés en autodétermination pour la vie et la dignité.

 

2 "zones humanitaires", proches l'une de l'autre et qui s'organisent ensemble: Nueva esperanza en Dios et Nueva Vida, "territoires réservés à la population civile", où les armes sont interdites d’entrée.

 

Nous sommes accueillis par Marco, un des leaders de CAVIDA

 

Dans la vie collective une activité permanente : la cuisine. D'autant qu'ils attendent près de 200 personnes venues de Colombie et de partout.

 

Soupe, riz, manioc, salade...

 

 

Cacarica, au cœur de la forêt tropicale du Chocó, près de la frontière du Panama. Une région ou vivent des populations afro-colombiennes et de petites communautés d'indiens Wounaan.

Depuis plus de 60 ans la Colombie est en guerre, elle vit un conflit social armé qui oppose deux guérillas et l’état colombien. La population civile est la principale victime de ce conflit, en particulier les paysans et les militants qui revendiquent leurs droits. Le pays compte plus de 5 millions de personnes déplacées et des dizaines de milliers disparus.

Du 24 au 27 février 1997 sous prétexte d’agir contre les guérillas, en réalité pour mettre la main sur les terres, l’armée relayée par des paramilitaires a monté l’opération « Genesis », dirigée par le Général Rito Alejo del Rio, dans plusieurs localités du département du Chocó. Bombardements systématiques, terreur, assassinats et actes de barbarie se sont succédé sur la population civile. 3800 habitants ont dû fuir.

Après 4 ans passés dans un stade de la ville de Turbo dans des conditions inhumaines, une partie de ces réfugiés sont revenus « dans la dignité » et ont créé deux « zones humanitaires » sous protection internationale. Ils ont même obtenu la reconnaissance formelle de leurs droits sur plus de 100 000 ha. Ils ont construit une vie collective, en autosuffisance alimentaire. Ils ne veulent pas oublier et ont organisé en juillet 2010 une rencontre internationale pour lutter contre le projet d’autoroute transversale américaine qui met à nouveau en péril leur survie sur ce territoire. Un moment d'émotions fortes, auprès de gens courageux et fraternels, partagé avec France Amérique Latine.

 

 

Turbo, au fond du golfe d'Uraba, à 4-5h de bateau de Cacarica. C'est là que 1500 personnes se sont réfugiées et ont vécu 4 ans dans le Coliseo, dans des conditions indignes, soutenues par l’ONG colombienne Comision Intereclesial Justicia y Paz et des organisations internationales.

 

 

Josefina est restée à Turbo ou elle anime l’association Clamores, de solidarité et de mémoire pour les familles de Cacarica. Le traumatisme de 1997 est resté très présent et la Comision Intereclesial Justicia y Paz, partenaire de FAL assure un accompagnement psycho-social.

Malgré son ampleur la répression ne réussit pas à faire taire les mouvements sociaux. Par exemple, plusieurs communautés paysannes construisent leur processus de résistance civile, comme une alternative de vie au milieu de la guerre. La défense de la Vie et du Territoire est au cœur de leur lutte quotidienne. La stratégie paramilitaire de l’État colombien sert les visées du modèle néolibéral. Il faut « sécuriser » les régions stratégiques, c’est à dire vider la campagne des communautés paysannes qui pratiquent l’agriculture de subsistance afin de faire place à de gigantesques projets de type agro-industriels.

Pour ce faire on y envoie les groupes paramilitaires pour faire le « ménage » puis une fois les milliers de paysans déplacés, dépossédés de leurs terres et réfugiés dans les villes sans aucune possibilité de survie digne, on propose à ces mêmes communautés du travail dans les méga-plantations mises en place sur les terres qu’on leur a volées. L’objectif est de transformer les paysans libres en ouvrier de main d’œuvre bon marché, en esclaves modernes au service des grands propriétaires terriens et des compagnies nationales et étrangères.

 

Chaque maison a un ou plusieurs réservoirs d'eau de pluie. Mais celui de la cuisine collective a besoin d'être réalimenté en permanence.

 

 

 

Pas si facile. Elles ont bien ri en nous apprenant à les faire.

 

 

 

Les enfants sont nombreux, joyeux et en bonne santé. Ils participent à la vie collective. Ce sont des volontaires qui assurent l’école. Pour la première fois cette année l’une d’entre eux est institutrice diplômée.

 

 

 

 

Près de la rivière. Barrière symbolique mais pourtant respectée, grâce à l’aide des associations et des Peace Brigades International. Ici, les armes n’entrent pas. Une position pas facile à tenir dans un pays en guerre.

 

 

 

La communauté a organisé une vie collective solidaire. La petite rivière est un lieu de rencontre où on fait la vaisselle, où hommes et femmes lavent le linge, où les enfants jouent.

 

Les gens de Cacarica sont constamment en train de laver le linge, souillé par la boue omniprésente, dans une des régions les plus pluvieuses du monde.

 

 

 

Un local d'activités collectives, utilisé pour l'école en attendant la fin de la construction projetée et en attente de financement.

 

Instantané scolaire

 

Mines anti-personnelles : Cette affiche vient nous rappeler que le quotidien n'est pas si simple. Les cultures nécessaires à l'autosuffisance alimentaire de la communauté sont situées en dehors de la zone humanitaire, où groupes armés insurgés, narcotrafiquants, militaires et paramilitaires, et entreprises forestières se disputent le territoire.

L’entreprise Maderas del Darien coupe illégalement depuis des années d’immenses quantités de bois d’œuvre de grande qualité sur le territoire collectif des communautés.

 

Amine, paysan

 

Une petite communauté d'indiens wounaan vivent dans le parc naturel du Darièn, à 3-4 heures à pied de la zone humanitaire avec qui ils vivent en bonne entente.

 

Ces indiens wounaan avaient été chassés de leur territoire ancestral dans le Tapon du Darièn. Ils y sont revenus mais ne sont toujours pas arrivés à faire reconnaître leur droit à vivre sur ce territoire.

 

 

 

Le Tapon du Darièn est l’endroit du monde où l’on trouve le plus de biodiversité au mètre carré.

 

26-27 juin 2010, triathlon et rencontre internationale pour la défense du Darièn, face au méga projet d'autoroute transaméricaine.

 

Mirta Baravalle, une des fondatrices des Mères de la Place de Mai en Argentine. Elle vient en Colombie soutenir dans leur quête de la vérité ceux qui, comme elle, ont vécu la disparition d'êtres chers et l'impunité de leurs bourreaux.

 

La sénatrice Piedad Cordoba était elle aussi venue participer à la rencontre internationale. Elle est très populaire pour son combat pour les Droits de l'Homme et la Paix, chacun veut poser avec elle.

 

Les femmes ont créé un comité de femmes pour s'organiser et monter de petits projets économiques.

 

 

Plusieurs bureaux de vote sont installés pour que les habitants de Cacarica et du parc du Darien s'expriment sur le projet d'autoroute. Chaque bureau comporte au moins un membre de la Commission Éthique du Mouvement National des Victimes des crimes d’État, un projet dont fait partie FAL.

 

 

 

Tous les habitants de plus de 12 ans peuvent voter.

 

 

3 jeunes leaders de CAVIDA. Ils expliquent l’importance qu’ils accordent à l’éducation, à l’organisation, à la mémoire. Ils ont monté un groupe de rap, Renacientes, qui veut donner une voix à leur tragédie et à la construction de leur futur.

http://www.myspace.com/renacientes

 

 

                        

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site