Nouveaux ennuis judiciaires pour BP en Colombie

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La construction d’un pipeline en Colombie dans les années 90 est aujourd’hui au cœur d’une polémique. Des fermiers ont porté plainte contre BP, l’un des artisans de ce projet aux lourdes conséquences pour l’environnement local…

Le groupe pétrolier, sans surprise épinglé par la Commission d’enquête indépendante nommée par la Maison Blanche dans son rapport final, est aussi confronté à de nouveaux problèmes en Alaska. Et d’autres nuages noirs s’amoncellent en Colombie…

73 fermiers colombiens viennent d’intenter une action judiciaire devant la Haute Cour de justice de Londres à l’encontre de la multinationale britannique. Ils l’accusent de ne pas avoir respecté les procédures de base de sécurité environnementale lors de la construction dans les années 90 du pipeline Ocensa, long de 450 miles (720 kilomètres) et qui fait la jonction entre les Andes et la côte caribéenne colombienne. Propriété conjointe de Total, BP, Triton Colombia et de la compagnie nationale Ecopetrol, il permet le transport quotidien de 650 000 barils de pétrole.

Selon les plaignants, sa construction a été entachée de graves manquements à l’environnement.

Leurs avocats ont diligenté une enquête scientifique pour démontrer, comme le considèrent leurs clients, qu’elle a entraîné l’érosion des sols et la dégradation de la qualité des nappes phréatiques, deux phénomènes qui ont à la fois nui à leurs récoltes et à la santé de leur bétail. Les fermiers demandent à être dédommagés pour deux motifs, négligence et rupture de contrat de la part de BP. Si la Haute Cour valide la plainte, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres démarches d’habitants de pays émergents ou en développement ayant subi un préjudice similaire.

Série noire

Paul Dowling, avocat du cabinet Leigh Day & Co qui a porté l’affaire devant la Cour, estime que « ce qui apparaît de plus en plus clairement dans ce cas est le rôle central de BP dans la construction du pipeline d’Ocensa, et son incapacité à apprécier de manière adéquate les risques et les mesures basiques pour protéger l’environnement et l’habitat des communautés locales ». Il accuse aussi le groupe de ne pas assumer ses actes : « plutôt que d’accepter cette responsabilité, BP préfère, comme lors de l’affaire de la plate-forme Deepwater Horizon, se détacher autant que faire ce peut de cette destruction environnementale qui a pourtant eu lieu ».

Des documents présentés le mois dernier à la justice londonienne auraient attesté du manque de mesures prises par BP pour empêcher l’érosion des sols. L’entreprise n’aurait en outre cherché ni à préserver l’état des terres, lorsque celles-ci étaient déplacées durant la construction, ni correctement préparé le terrain. Des négligences en amont qui font dire aux fermiers que le locataire de Deepwater Horizon s’est engagé dans des « activités risquées ou dangereuses ». De même ils accusent le groupe d’avoir délivré au ministère colombien de l’Environnement en 1994 une enquête d’impact environnemental « insuffisante et fausse ».

Cette nouvelle affaire intervient alors que BP cherche à se défaire depuis plusieurs mois des parts qu’il détient dans le consortium du pipeline Ocensa, dans le cadre de la vente de sa filière colombienne. Celle-ci, décidée en août dernier, était justement une conséquence de la marée noire dans le Golfe du Mexique, laquelle a forcé le groupe pétrolier à rechercher dans l’urgence des fonds pour supporter l’ensemble des conséquences financières de la pire catastrophe écologique de l’année 2010. La vente n’a cependant toujours pas été conclue…

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