La colombie se dépense pour changer d'image

Les Colombiens en ont marre que leur magnifique pays soit uniquement réduit, dans les médias étrangers, à la production de drogue, à la violence du conflit armé et aux enlèvements. La Colombie, où est arrivée hier la ministre suisse de l’Economie Doris Leuthard, ce n’est pas seulement la cocaïne, la guérilla des FARC, les millions de paysans déplacés et les assassinats de syndicalistes. C’est aussi un pays économiquement dynamique qui possède un potentiel touristique important. Une nation qui a toujours des problèmes mais qui se bat pour les résoudre. Voilà en substance le discours du gouvernement d’Alvaro Uribe.

Et pour le transmettre au monde entier, les autorités colombiennes invitent, tous frais payés, quelque 200 journalistes au cours de l’année. Nombre de ministres aménagent alors leurs agendas pour marteler le message aux reporters étrangers. «La Colombie a beaucoup changé depuis l’arrivée au pouvoir d’Alvaro Uribe. Mais pas l’image du pays, qui n’évolue malheureusement pas aussi vite que la réalité», affirme Luis Guillermo Plata. Et le ­ministre du Commerce ­colombien d’aligner les chiffres économiques et sécuritaires: un PIB en hausse de 7,5% en 2007, un taux de pauvreté passé de 55% à 45% entre 2002 et aujourd’hui, un nombre d’homicide qui a chuté de près de 50% et une quantité d’enlèvements divisée par 5. [...]

Pure propagande ?

Seulement, ce bilan présenté par le gouvernement, en période préélectorale, fait s’étouffer ONG et défenseurs des droits de l’homme. «C’est vrai que le sentiment de sécurité a augmenté dans les villes et sur les routes du pays, mais la situation dans certains quartiers et dans les zones rurales n’a absolument pas changé», affirme Jomary Ortegon, du Collectif d’avocats Jose Alvear Restrepo. «Certains indicateurs sur la violence ont baissé, mais d’autre ont augmenté en même temps.

Le nombre d’homicides a chuté, mais pas le nombre de morts liées au conflit armé. Quant aux exécutions extrajudiciaires, elles ont augmenté de 62% sous la présidence d’Alvaro Uribe (lire ci-dessous). Chaque année, des centaines de milliers de personnes sont toujours forcées de quitter leurs maisons et leurs terres. Les assassinats de syndicalistes ont baissé à un moment, certes, mais ils sont repartis à la hausse l’année dernière...

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