"Faisons la paix en Colombie"

Le jeudi 24 février 2011 La Rencontre internationale Faisons la paix en Colombie s’est conclue aujourd’hui dans la capitale argentine après trois jours de débat sur la complexe situation que connaît la Colombie depuis plusieurs décennies.

Les débats ont porté sur l’Apprentissage du dialogue politique dans la solution du conflit armé en Colombie, les Leçons apprises à partir des processus d’autres pays et Partis politiques et recherche de la paix. Nous avons également discuté des thèmes comme Société civile dans les dialogues politiques pour la paix en Colombie et Application du droit humanitaire dans le conflit armé colombien.

 

La Commission éthique de la vérité a par ailleurs diffusé un communiqué pour condamner énergiquement les affirmations d’Álvaro Uribe contre le Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel. Par la voie de son Twitter, l’ex-président colombien a accusé Pérez Esquivel de « diffamer pour servir les terroristes colombiens » parce qu’il avait signalé les facteurs qui à son avis rendent difficile d’avancer vers la paix en Colombie. Le Prix Nobel avait mentionné, parmi ces facteurs, l’impunité des crimes de lèse-humanité, le paramilitarisme persistant et la responsabilité des États-Unis dans cette situation.

« La réaction d’Uribe occulte sa responsabilité dans les crimes de lèse-humanité qui offense la conscience éthique de l’humanité, crimes qui protègent certains bénéficiaires économiques nationaux et internationaux » qui le soutiennent encore, souligne le document.

Des représentants de gouvernements, d’organismes internationaux, d’organisations de la société civile, de mouvements sociaux, d’associations de solidarité avec le peuple colombien, ainsi que des intellectuels et des défenseurs des droits humains ont assisté à la Rencontre internationale Faisons la paix en Colombie.

Cette Rencontre internationale a recherché « des évolutions et des propositions qui dès maintenant ouvriraient de façon cohérente des voies de rapprochement politique, aussi bien pour des dialogues stratégiques de paix que dans l’objectif légitime d’humanisation du conflit ».

« L’histoire de la Colombie démontre, après des décennies de violence qu’il n’y a pas de solution militaire. La seule issue véritable et définitive à la confrontation ce sont les accords négociés ».

Après trois jours de délibérations à Buenos Aires, les participants à la Rencontre internationale Faisons la paix en Colombie ont présenté à l’opinion publique les conclusions suivantes :

1.       Nous saluons les propos tenus par le président Juan Manuel Santos lors de son discours d’investiture, nous les interprétons comme reconnaissance de l’existence du conflit et disposition à rechercher une solution politique négociée. Également nous reconnaissons les déclarations envoyées à la Rencontre par les commandements des FARC-EP et de l’ELN dans lesquelles ils réitèrent la même disposition. L’histoire de la Colombie démontre, après des décennies de violence, qu’il n’y a pas de solution militaire. La seule issue véritable et définitive à la confrontation ce sont les accords négociés, comme l’ont démontré les cas du Salvador et du Guatemala en Amérique latine. Ce n’est que par ce chemin que la Colombie pourra intégrer comme pays prospère et moderne le monde actuel.

2.       La libération unilatérale survenue la semaine passée, six personnes ayant été libérées (et non cinq comme il avait été annoncé), est un geste des Farc que nous évaluons positivement parce qu’il révèle l’intention d’ouvrir les voies vers la négociation politique. Nous espérons que le processus des libérations se conclura très prochainement. Nous appelons le gouvernement du président Juan Manuel Santos à prendre note de ce fait et à multiplier les efforts pour créer un climat propice à la recherche de la paix.

3.       La guerre continue de s’intensifier et de se dégrader partout sur le territoire national. Tant que ne se produit pas la solution politique il est indispensable de s’engager à respecter les droits humains, la population civile et les normes du Droit international humanitaire.

4.       Il est nécessaire de faire les efforts indispensables pour expliquer, sensibiliser et persuader tous les secteurs de la société colombienne, aussi bien urbaine que rurale, de la pertinence et de la nécessité de transiter vers le dépassement définitif du conflit par la voie de la négociation politique. Les Colombiennes et les Colombiens doivent s’engager dans la recherche de la paix. Une étape de persuasion et une pédagogie favorable à la paix sont nécessaires. Fin de la guerre, fin du conflit !

5.       La Constitution colombienne, dans son article 22, stipule que la paix est un droit et un devoir que tout le monde doit accomplir. Pour cette raison les personnes et les organisations qui à partir de la société civile agissent comme facilitatrices et médiatrices dans les processus humanitaires et pour la recherche de la paix doivent compter sur la protection et les garanties absolues nécessaires à cette fin.

6.        

7.       Le conflit armé en Colombie a des répercussions dans toute la région sud-américaine. La paix en Colombie est une nécessité non seulement pour ce pays mais pour toute l’Amérique du Sud. La Colombie étant membre de l’UNASUR, son gouvernement pourrait profiter des précieuses et solides ressources de cette organisation régionale pour la création d’une ambiance qui facilite la solution politique au conflit.

8.       Le travail de l’infatigable sénatrice militante des droits humains Piedad Córdoba et de Colombianas y Colombianos por la Paz rencontre de plus en plus de soutien en Amérique latine et dans les Caraïbes. En Europe, aux États-Unis et en Afrique, se multiplient les organisations sœurs afin de de collaborer à la solution politique du conflit. Ce mouvement international soutient les activités des personnes et des organisations engagées dans la recherche de la paix, au moyen de débats, de rencontres, sur tous les réseaux sociaux d’Internet ; cela démontre que dans leur lutte les Colombiennes et les Colombiens ne sont pas seuls, mais elles et ils sont accompagnés par l’opinion publique mondiale.

 

« Il n’y a pas de chemin pour la paix, la paix est le chemin »

Mahatma Gandhi

 

Buenos Aires, Argentine

Le 23 février 2011

 

COLOMBIE paix conflit armé

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