Du rififi dans la région andine

Article de Cathy Ceibe. L'Humanité 30/07/2009

Le président Chavez menace de rompre ses relations avec la Colombie après que le vice-président de ce pays ait accusé Caracas de collusion avec les FARC.

Le torchon brûle entre le Venezuela et la Colombie. Mardi, le président Hugo Chavez a déclaré, lors d’un Conseil des ministres, qu’il rappelait son ambassadeur à Bogota, suite aux déclarations fracassantes du vice-président colombien, Manuel Santos, laissant croire à des complicités entre Caracas et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Au cours de plusieurs opérations, nous avons été en mesure de saisir des arsenaux des FARC, a-t-il annoncé. Nous avons découvert des armes lourdes, dont des armes antichars qu’un pays d’Europe (la Suède - NDLR) avait vendues au Venezuela et qui ont fini entre les mains des FARC. »

Ce n’est pas la première fois que les relations entre ses deux pays limitrophes de la région andine sont soumises à rude épreuve. Le bombardement le 1er mars 2008 par l’armée colombienne du campement du nº2 des FARC, Raul Reyes, en Équateur, a failli dégénérer en conflit régional, Quito, soutenu par Caracas, protestant contre le viol de son territoire national. Depuis, l’Équateur a rompu ses relations diplomatiques et commerciales. Et les rapports dans la région n’ont cessé de se détériorer.

 

« Nous n’allons plus tolérer cette irresponsabilité du président de la Colombie ni de ces gens avec qui il dit gouverner ce pays frère », a averti Hugo Chavez, rappelant à Bogota ses devoirs de résoudre son conflit armé interne afin d’éviter des débordements frontaliers. Concernant l’origine de l’arsenal des FARC, le président a interpellé Uribe, en lui signifiant que, images à l’appui, les armes de la guérilla proviennent majoritairement des États-Unis, de la Russie et d’Israël. Mais sans que Bogota n’y trouve rien à redire. Le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs indiqué que le Venezuela fournirait à la Suède de plus amples informations sur les fameux lance-roquettes retrouvés aux mains des FARC et dont la vente remonte auxannées quatre-vingt.

Les autorités colombiennes ont pris l’habitude de souffler sur les braises lorsqu’elles sont en difficulté. L’installation de cinq bases militaires des États-Unis sur son sol a déclenché un tollé régional, surtout après le coup d’État au Honduras où les putschistes auraient reçu l’assentiment des militaires US. Pris dans la polémique nationale concernant un éventuel référendum lui permettant de briguer un troisième mandat, Alvaro Uribe crache dans le jardin de son voisin. À l’instar de la cabale montée contre Rafael Correa, accusé d’avoir été financé par les FARC lors de l’élection présidentielle équatorienne. Une accusation démentie lundi par la guérilla.

Source : L'Humanité

Relations diplomatiques

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