Drame minier en Colombie: 21 morts, polémique sur le manque de sécurité

Communiqué AFP 28-01-2011

SARDINATA — Le dernier drame minier en Colombie, une explosion de gaz qui a coûté la vie à 21 mineurs, a soulevé jeudi un débat sur le manque de sécurité pour les travailleurs de ce secteur en expansion dans un pays qui est le cinquième exportateur mondial de charbon.

 

Jeudi vers 15h00 (20h00 GMT), les quatre derniers corps des 21 mineurs victimes de l'accident à "La Preciosa", située à 670 km au nord de Bogota, non loin de la frontière avec le Venezuela, ont été récupérés, selon la maire Yamile Rangel, qui a confirmé que l'ensemble des victimes avaient été retrouvées.

Les 17 autres corps avaient été récupérés la veille, quelques heures après le coup de grisou qui a frappé la mine vers 6h50 (11h50 GMT), juste au moment de la relève des travailleurs.

"Il n'y aura pas de survivants", avait averti Jacqueline Sepulveda, la propriétaire. "S'il s'était agi d'un glissement de terrain, nous aurions de l'espoir, mais en raison de l'explosion, il n'y aura pas de survivants", a-t-elle ajouté.

Le président colombien, Juan Manuel Santos, s'est prononcé depuis Davos (Suisse) en faveur de l'adoption de mesures pour renforcer le contrôle des mines en Colombie où 173 travailleurs ont trouvé la mort en 2010.

Ce bilan, selon des données officielles, est en constante augmentation depuis 2004, année où huit décès avaient été enregistrés.

M. Santos a décidé d'écourter d'une journée son voyage en Europe pour être dès vendredi aux côtés des parents des victimes.

"Je vais donner des instructions pour que l'ensemble de la réglementation soit révisé et que l'on veille à ce qu'elle soit dûment respectée", a-t-il déclaré à la presse.

A Bogota, le ministre des Mines, Carlos Rodado, a assuré à Radio Caracol que ses services ne disposaient que de "16 personnes pour surveiller 3.000 mines opérationnelles et 3.000 gisements faisant l'objet d'explorations". Pour lui, la tragédie doit permettre de réfléchir à "l'obligation de l'Etat" de mieux surveiller les mines souterraines.

La veille, ce ministre avait ordonné la fermeture de La Preciosa, qui employait 110 mineurs, jusqu'à ce que l'enquête détermine les causes exactes du drame.

La hausse du nombre des accidents, a expliqué Arturo Quiros, président de l'association réunissant les principales entreprises du secteur (Asomineros), est en partie liée "à l'augmentation de l'activité", mais aussi, a-t-il admis, "à la confiance excessive des travailleurs (...) et au manque de respect des réglementations", de la part de certaines entreprises.

En Colombie, cinquième exportateur mondial de charbon en 2010, la production n'a cessé d'augmenter ces dernières années, passant de moins de 60 millions de tonnes en 2003 à 75 millions en 2010.

Selon Asomineros, elle pourrait en outre doubler d'ici à dix ans, tirée par la demande mondiale de matières premières.

Environ 298.000 personnes sont employées dans les mines colombiennes, de charbon, mais aussi d'or ou d'émeraudes.

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