Douze indiens Awá assassinés le 27 août

Massacre des Awá : Le sang sacré versé par cupidité

Réseau de Comunicación ACIN

 

Douze indiens Awá assassinés le 27 août

 

Au moins 180 indiens Awá continuent à s’entasser sur le terrain El Verde de la réserve du Grand Sábalo, en manque d’assistance des services d’action sociale, suite au massacre de 12 indiens de la communauté de Tortugaña – Telembi, qui est toujours resté impuni. Pendant ce temps-là, un nouveau massacre qui remplit de douleur et de rage les communautés indiennes vient d’être commis. Le mercredi 26 août, dans la réserve indienne du Grand Rosario dans la municipalité de Tumaco, vers 5 heures du matin, des hommes encagoulés, avec des vêtements militaires, sont entrés dans la communauté et ont effectué des tirs indiscriminés sur la maison d’une famille Awá.

 

Résultat, 6 adultes et 6 mineurs ont été assassinés : Tulia García Guangua, 35 ans, Laurencio García, 38 ans, Carmela Guangua, 18 ans, Fabio Taicus, 18 ans, Alfredo Guangua, 19 ans et Amparo Nastacuas 21 ans, ainsi que Keison Ferney 8 mois, Nancy Jazmín 5 ans, Alexander Rodríguez 6 ans, Jaime Laurencio Garcia 5 ans, Luis García de 13 ans et Roberto Guangua de 17 ans. Au cours de ces violences contre le Peuple Awá, il y a eu également des blessés : Javier García de 20 ans, David García, 12 ans et Yolanda Bisbicus, 22 ans, qui sont soignés dans différents hôpitaux.

 

La cible de ce crime était la femme d’un indien Awá assassiné le 23 mai dernier par l’Armée Nationale. Cette femme avait été témoin des faits. « Nous sommes convaincus que l’objectif de ce massacre était d’éliminer cette femme » dénonce Oscar Ortíz, secrétaire de l’Unité indienne du Peuple Awá.

 

« Actuellement, les communautés indiennes Awá sont en Assemblée Permanente, elles se réunissent pour prendre des décisions face au manque d’attention et à l’indifférence du gouvernement national, alors que plus de 200 indiens ont été assassinés » explique Oscar. Il souligne : « Dans la région, tous les acteurs armés sont là, ils sont tous pareils, ils sont tous assassins ». Et ajoute : « Cela montre, et pas seulement pour nous dans le Nariño, que dans tout le pays, nous les indiens, on dérange ».

 

Dans n’importe quelle partie du monde, à n’importe quelle époque de l’histoire, un crime de cette importance, clairement raciste, qui met en cause l’Etat et le Gouvernement, aurait engendré une forte réaction nationale et internationale, contre ce régime et contre tous les acteurs armés qui commettent un génocide en Colombie et un ethnocide contre le Peuple Awá. Mais ici, rien ne se passe, parce qu’en Colombie, avance un plan d’extermination dont les bénéfices vont aux intérêts de la cupidité. Nous, les Awá et les autres peuples indiens, nous gênons la mort qui accumule, en défendant la vie qui protège. Pendant qu’on nous massacre, le cirque qui perpétue le régime continue dans le congrès de la République où, en échange du budget et des biens de l’Etat, on réélit la terreur et la mort.

 

Si on nous laisse mourir, et peu importe d’où viendront les assassins, c’est la vie qui mourra avec nous. Ce n’est pas un crime contre les indiens. C’est un crime répugnant contre la vie. Dites quelque chose, ou ils continueront à tomber.

 

Réseau de Communication pour la Vérité et la Vie.

27 août 2009

peuple Awá Assassinat génocide indien

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