Paramilitaires

Paramilitaires colombiens, architectes de la peur

Depuis sa création jusqu'à son démantèlement, le paramilitarisme a été la structure armée la plus sanglante de tous les acteurs armés du conflit colombien. Créé pour lutter contre les guérillas, ce phénomène isolé d'autodéfense, invention de l'Etat, est devenu une organisation hiérarchisée illégale avec une idéologie politique globale. Pendant plus de 50 ans, des années 1960 jusqu'à aujourd'hui, des milliers de colombiens ont été victimes de sa tyrannie.

Paramilitaires, symboles sanglants, seigneurs de guerre, architectes de la peur...

Promenade sonore et musicale avec Selena, paramilitaire démobilisée, avec Ricardo et la communauté de Las Palmas, village vidé par les paramilitaires il y a 10 ans...

Encore un bon reportage sur le blog de Thimothée, qui a vécu quelques temps à Bogotá. Ecoutez le reportage (en espagnol) et lire sa traduction sur son blog : http://courriersderrance.blogspot.com/2011/06/paramilitaires-colombiens-les.html

Le meilleur coin des amériques

Nous vous recommandons de regarder le documentaire "Le Meilleur Coin des Amériques" réalisé en 2008 par Daniel Vin et qui a été lancé hier sur youtube. C'est un regard équilibré sur l'histoire des vingt dernières années dans le Chocó : L'opération Génésis, la déforestation, l'implantation de la palme africaine et l'organisation des communautés de paix.

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La loi relative aux victimes

Source : Amnesty International

La loi sur les victimes et les restitutions de terres est une étape importante pour de nombreuses victimes du conflit armé sévissant de longue date en Colombie, mais en laisse beaucoup d'autres sans véritables perspectives d'obtenir justice et réparations, a déclaré Amnesty International vendredi 3 juin.

L'un des aspects cruciaux de ce texte, qui doit encore être promulgué par le président Juan Manuel Santos, tient à ce qu'il reconnaît l'existence du conflit armé, que le précédent gouvernement colombien niait.

Il prévoit des réparations intégrales pour certaines des victimes de violations des droits fondamentaux commises dans le cadre du conflit armé, et la restitution de millions d'hectares de terrains volés principalement par des groupes paramilitaires, parfois avec la complicité des forces de sécurité.

« Le fait que cette loi reconnaisse que les droits des victimes du conflit doivent être respectés est extrêmement important. Beaucoup n'auront cependant pas droit à des réparations complètes », a expliqué Marcelo Pollack, spécialiste de la Colombie à Amnesty International.

Seules les personnes qui ont été victimes de violations après 1985 pourront se voir accorder une indemnisation, et seules celles qui ont été spoliées de leurs terres après 1991 seront en mesure de réclamer leur restitution. De nombreuses victimes récentes de groupes paramilitaires seraient également privées de réparations parce que les autorités affirment que ces groupes ont été démobilisés dans le cadre d'un processus gouvernemental ayant débuté en 2003.

« Il est très inquiétant que les autorités ne reconnaissent pas que des groupes paramilitaires continuent à menacer, déplacer de force ou tuer des milliers de personnes, dont des défenseurs des droits humains, des syndicalistes et des responsables communautaires, parfois avec la collaboration des forces de sécurité », a ajouté Marcelo Pollack.

Il est par ailleurs regrettable que cette loi ne contienne guère de dispositions visant à garantir la protection des personnes retournant sur leurs terres, et que certaines d'entre elles puissent être forcées à travailler aux côtés de ceux qui les ont contraintes à fuir à l'origine, souvent par la violence, ou doivent leur céder le contrôle effectif de leurs terres.

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Disparitions forcées, un autre fléau

Michaëla CANCELA-KIEFFER. AFP Bogotá. Source : cyberpress.ca

Ils sont des dizaines de milliers en Colombie dont les corps n'ont pas été retrouvés, après avoir été éliminés par l'armée ou les paramilitaires, une «honte face au monde» selon les mots du ministre colombien de l'Intérieur, German Vargas, après des années de silence de l'État.

Selon les données officielles, la Colombie compte 57 854 disparus dont 4210 mineurs. Sur ces cas au moins 26 500 correspondraient à des disparitions forcées dont seraient responsables l'armée ou les paramilitaires, un chiffre proche des 30 000 disparus sous la dictature en Argentine, même si dans ce dernier pays il ne s'agit pas d'une estimation officielle, mais d'ONG. «Que la Colombie compte autant de ses citoyens portés disparus est une véritable honte face au monde», a déclaré German Vargas jeudi soir. «Face à ce chiffre et à la douleur encore plus grande que ces données ne peuvent refléter, l'identification (des disparus) doit être une priorité pour l'État colombien», a-t-il ajouté en présentant une liste de 10 000 disparus qui ont pu être identifiés.

Lundi, Christian Salazar, représentant en Colombie du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme avait pour sa part jugé les données disponibles «terrifiantes». Mais aucune donnée fiable n'existe. D'autres chiffres du parquet font état de quelque 35 000 cas de disparitions forcées, tandis que certaines associations évoquent jusqu'à 200 000 disparitions depuis la fin des années 1970. Christian Salazar pour sa part dénonce l'«impunité» de la plupart des cas de disparition, car, explique-t-il à l'AFP, «chaque jour on découvre de nouveaux chiffres, qui révèlent l'ampleur du phénomène» et il ne s'agit sans doute «que de la pointe de l'iceberg».

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L’occupation paramilitaire au Curvaradó s’intensifie

Les opérations paramilitaires pour le contrôle social du territoire continuent à augmenter en intensité au Curvaradó.

Jeudi le 19 mai un groupe de paramilitaires munis d’armes longues et courtes ont pénétré dans la communauté du conseil mineur de Villa Luz, au Curvaradó. Ils ont empêché les résidents de se déplacer aux endroits où le signal téléphonique était accessible afin de pouvoir se communiquer avec l’extérieur. Quelques résidents ont réussi à déjouer l’encerclement paramilitaire et sont partis de la région, par peur de représailles pour avoir défié les ordres paramilitaires. Selon un témoin, les paramilitaires sont arrivés une journée avant l’incursion. Ils ont offert aux gens de la communauté d’acheter des vêtements civils et ont fait pression pour la vente de cellulaire qu’ils étaient prêts à payer jusqu’à 300 milles pesos colombiens, soit $150US.

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Comptes macabres. Trad° A. Caballero

Antonio Caballero. in SEMANA. Samedi 26 mars 2011

Traduction CPCP

Colombie : Le procureur de la République enquête sur 27.300 cas de disparition forcée. C’est plus que ceux commis en Argentine et au Chili pendant les années de plomb des dictatures militaires.

Avec les 3 assassinats de cette semaine – un à Turbo, un autre à San Onofre, un autre à San José de Apartadó- ce sont en tout cinquante leaders paysans engagés dans la lutte pour la récupération des terres usurpées qui ont été assassinés ces trois dernières années.

Christian Salazar, délégué de l’ONU en Colombie pour les Droits de l’Homme, a donné il y a quelques jours une information terrifiante mais qui n’a manifestement fait froid dans le dos à presque personne : Le procureur de la République enquête sur 27.300 –vingt-sept mil trois cents- cas de disparition forcée. C’est plus que ceux commis en Argentine et au Chili pendant les années de plomb des dictatures militaires. Par ailleurs, l’unité nationale des ministères publics pour la Justice et la Paix publie un autre chiffre, encore plus effrayant : En quatre ans, de juin 2006 à décembre 2010, les paramilitaires théoriquement « démobilisés » et leurs successeurs pudiquement appelés « bandes criminelles » (néo-paramilitaires en collaboration avec des éléments de la force publique) ont commis 173.183 homicides et 34.467 disparitions forcées. L’éditorialiste Alfredo Molano se livre dans El Espectador à un compte macabre : Si tous ces morts avaient été fusillés les uns derrière les autres, la file des cadavres aurait mesuré cent soixante-trois kilomètres de long.

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Diplo : Álvaro Uribe, un professeur embarrassant

L’Ecole nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) s’est dotée d’un professeur pas tout à fait comme les autres : l’ancien président colombien, Álvaro Uribe (au pouvoir de 2002 à 2010).

« En octobre 2007, à Carthagène des Indes, Álvaro Uribe est fait ingénieur Honoris Causa de l’ENIM. En 2010, il accepte la fonction de professeur des Universités », affichait encore récemment le site de l’institution (1). En mars 2011, surprise, l’Agence France presse (AFP) tente d’en savoir un peu plus. La direction de l’ENIM lui indique qu’elle ne souhaite « apporter aucune précision ». Sans préciser la matière qu’enseignera M. Uribe – ni quand il le fera –, le directeur de l’établissement, M. Pierre Padilla, assure néanmoins que « M. Uribe viendra régulièrement (2) » à Metz.

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Colombie : 40% de massacres en plus en 2010 selon l'ONU

Bogotá – Les massacres ont augmenté de 40% en Colombie en 2010, les nouvelles bandes criminelles s'étant renforcées au point de devenir la principale menace, annonce l'ONU dans son rapport annuel sur les droits de l'homme dans ce pays d'Amérique du Sud.

Pendant la présentation, le représentant à Bogotá du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Christian Salazar, a exprimé la préoccupation de cet organisme face à "une augmentation de la violence engendrée par ces groupes armés illégaux".

Ces bandes criminelles ou "bacrim", comme les appelle le Gouvernement, ont commis "des homicides, des menaces, des extorsions et des actes de violence sexuelle, et provoqué des déplacements forcés individuels et collectifs", selon Salazar.

"Il est particulièrement préoccupant de constater la forte croissance des massacres (40%) dans le contexte de disputes violentes entre ces groupes et entre les factions d'un même groupe", a-t-il précisé, en qualifiant ces organisations de "groupes armés illégaux apparus dans le sillage de la démobilisation des organisations paramilitaires".

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Protestation de parlementaires français et européens suite à la nomination de M.Alvaro Uribe en France

Nous, parlementaires français et européens, tenons à faire part de notre indignation suite à la nomination de l'ex-président colombien M. Alvaro Uribe Velez comme enseignant à l'École Nationale d'Ingénieurs de Metz (ENIM), en contre-partie des contrats juteux passés entre cette institution éducative et l'Etat colombien. L'Union européenne et la France se revendiquent de la défense des droits de l'homme. Ce serait ajouter une nouvelle incohérence à l'accomplissement de ces objectifs politiques, et ce serait rendre un bien mauvais service à l'éducation de jeunes européens que d'accepter une telle nomination

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TEJE : Lettre d'indignation au directeur de l'ENIM

Monsieur le Directeur,

Nous avons constaté avec effarement que vous affichiez avec fierté la présence d'Alvaro Uribe en tant qu'enseignant dans votre établissement; compte tenu de votre honorable fonction, nous ne pouvons qu'imaginer que vous ignorez les controverses dont fait l'objet actuellement l'ex Président de la Colombie;

Nous sommes choqués par la présence d'un tel professeur, car, contrairement à ce qui est affiché sur votre site, c'est la jeunesse colombienne qui a été la victime principale du Président Uribe.

 

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