Faux positifs

Genèse de la disparition forcée en Colombie

   Jeudi 16 septembre 2010 – MOVICE

Version française : Christophe Kenderian

 

 

Les premières disparitions forcées se produisent à la fin des années 70’ en Colombie, dirigées contre des militants reconnus de gauche (syndicalistes, étudiants, intellectuels, entre autres), des partis politiques d’opposition comme le Parti Communiste, ou des membres d’organisations insurgées capturés en dehors des combats. À cette époque, on en sait très peu sur ce genre de crime, il n’est pas considéré comme un acte criminel dans le pays. Les autorités judiciaires et politiques le justifient en signalant simplement qu’il s’agit de personnes disparues ou qui ont décidé d’intégrer des groupes insurgés. Depuis, des informations concernant les victimes ont été recueillies, la plupart du temps par des organisations de défense des droits humains qui ont enregistré de nombreux cas dans leurs bases de données, mais ceux-ci restent dans la plus totale impunité.

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Diplo : Álvaro Uribe, un professeur embarrassant

L’Ecole nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) s’est dotée d’un professeur pas tout à fait comme les autres : l’ancien président colombien, Álvaro Uribe (au pouvoir de 2002 à 2010).

« En octobre 2007, à Carthagène des Indes, Álvaro Uribe est fait ingénieur Honoris Causa de l’ENIM. En 2010, il accepte la fonction de professeur des Universités », affichait encore récemment le site de l’institution (1). En mars 2011, surprise, l’Agence France presse (AFP) tente d’en savoir un peu plus. La direction de l’ENIM lui indique qu’elle ne souhaite « apporter aucune précision ». Sans préciser la matière qu’enseignera M. Uribe – ni quand il le fera –, le directeur de l’établissement, M. Pierre Padilla, assure néanmoins que « M. Uribe viendra régulièrement (2) » à Metz.

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Protestation de parlementaires français et européens suite à la nomination de M.Alvaro Uribe en France

Nous, parlementaires français et européens, tenons à faire part de notre indignation suite à la nomination de l'ex-président colombien M. Alvaro Uribe Velez comme enseignant à l'École Nationale d'Ingénieurs de Metz (ENIM), en contre-partie des contrats juteux passés entre cette institution éducative et l'Etat colombien. L'Union européenne et la France se revendiquent de la défense des droits de l'homme. Ce serait ajouter une nouvelle incohérence à l'accomplissement de ces objectifs politiques, et ce serait rendre un bien mauvais service à l'éducation de jeunes européens que d'accepter une telle nomination

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TEJE : Lettre d'indignation au directeur de l'ENIM

Monsieur le Directeur,

Nous avons constaté avec effarement que vous affichiez avec fierté la présence d'Alvaro Uribe en tant qu'enseignant dans votre établissement; compte tenu de votre honorable fonction, nous ne pouvons qu'imaginer que vous ignorez les controverses dont fait l'objet actuellement l'ex Président de la Colombie;

Nous sommes choqués par la présence d'un tel professeur, car, contrairement à ce qui est affiché sur votre site, c'est la jeunesse colombienne qui a été la victime principale du Président Uribe.

 

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2010 – Année de lutte... 2011 – Année de lutte...

Ancien conseiller municipal membre de l’Union patriotique (UP), gravement menacé dans le département du Meta, José Mayuza s’était installé avec sa famille dans le Valle del Cauca, dans la municipalité de La Unión. Le 31 décembre 2010 il a été assassiné devant son modeste magasin par les forces obscures de la répression oligarchique qui ne renoncent pas à parachever le génocide de l’UP.

Quand nous faisons le bilan de l’année 2010 en Colombie nous ne pouvons que constater l’accentuation des graves problèmes du pays, notamment pour la situation des droits humains. Plus de 3000 fosses communes, résultats des crimes commis ces 15 dernières années, ont été inventoriées par la justice colombienne à la suite des confessions des paramilitaires qui ont bénéficié de la loi dite de « justice et paix ». Le phénomène des faux positifs est maintenant mondialement connu comme une spécialité de l’armée colombienne. Ce sont des personnes présentées comme des guérilleros abattus au combat, mais qui sont en fait des civils assassinés, parfois hâtivement revêtus d’uniformes de guérilleros, dans le but de faire croître les résultats « positifs » de l’armée. Cette pratique macabre aurait fait 1800 victimes selon l’ONU, en fait presque 5000 selon les organisations colombiennes de défense des droits humains.

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la Cour Pénale Internationale en Colombie

Enquête

Civils exécutés pour faire du chiffre, milices paramilitaires… Depuis dimanche, ces exactions sont aussi du ressort de la justice internationale.

Par MICHEL TAILLE BOGOTÁ, correspondant. Voir Libération

Assassinat de civils en Colombie

En Colombie, la politique de récompenses dans la lutte contre la guérilla a favorisé l'assassinat de civils

in Le Monde du 16/06/2009

Des militaires colombiens ont assassiné des civils. Puis ils les ont déguisés en guérilleros pour gonfler les chiffres de la lutte antiterroriste, gagner du galon et toucher les récompenses promises. Combien de crimes ont-ils ainsi été commis ? La justice a d'ores et déjà ouvert plus de 1 200 enquêtes.

Philip Alston, rapporteur des Nations unies pour les exécutions extrajudiciaires, s'est rendu le 8 juin à Bogota. "Je suis là pour vous écouter et tenter de comprendre", a-t-il dit aux proches des victimes. Blanca Gomez habite Soacha, une banlieue populaire de Bogota. "Le 2 mars 2008, mon fils Julian est sorti vers 19 heures en disant qu'il allait retrouver un ami qui lui avait proposé un boulot. Il avait pris une douche et mit une tenue propre. Je ne l'ai jamais revu", confie-t-elle.

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Rapport ONU. Exécutions extrajudiciaires

ONU: l'armée a exécuté des civils en Colombie de "manière systématique"

BOGOTA (AFP) — Le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires Philip Alston a accusé jeudi l'armée colombienne d'avoir exécuté systématiquement des civils, et de ne pas admettre "l'ampleur" du problème.

"Le nombre de cas, leur répartition géographique et la diversité des unités militaires impliquées indiquent que ces (exécutions) ont été menées de manière plus ou moins systématique, par un nombre significatif de personnes au sein de l'armée", a déclaré ce grand spécialiste en droit international lors d'une conférence de presse.

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Faux Positifs. Entretien avec Reynaldo Villalba Vargas (CAJAR)

Le Courrier
6 mai 09 - L’affaire des « faux positifs » a contribué à ternir l’image d’un pays où l’armée a assassiné de sang-froid plus d’un millier de civils dans le but d’alimenter ses prébendes et les statistiques présidentielles. L’éclairage de l’avocat colombien Reynaldo Villalba Vargas (Collectif d'Avocats Jose Alvear Restrepo

Propos recueillis par Benito Perez/Le Courrier - D’habitude complaisante face aux violations commises – ou couvertes – par le régime colombien, la communauté internationale semble avoir été ébranlée par l’éclatement, fin 2008, de l’affaire dite des « faux positifs ». La révélation de ces assassinats de civils, maquillés en guérilleros tués au combat dans le but de gonfler les statistiques, illustre le cynisme dans lequel baigne la politique de « sécurité démocratique » du président Alvaro Uribe. Après avoir décapité l’état-major colombien, le scandale des « faux positifs » a connu à la mi-avril ses premiers impacts judiciaires. Un sergent, un caporal et cinq soldats paieront de trente ans de prison l’assassinat d’un paysan à San José de Apartadó (Antioquia) en janvier 2006. Un premier jugement qui en annonce bien d’autres puisqu’un millier de cas seraient aujourd’hui investigués.

Bien décidé à ce que la justice ne s’arrête pas aux seuls sous-fifres, le Collectif d’avocats José Alvear (CAJAR) s’est très tôt saisi de l’affaire. En trente ans d’assistance aux victimes de la violence d’Etat, ce groupement, affilié à la Fédération internationale des droits humains (FIDH) et à l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), s’est acquis une réputation de sérieux et de probité. Le Courrier a profité de la venue à Genève de Me Reynaldo Villalba pour faire le point sur cette affaire éclairante.

Lire la suite sur : Tribune des Droits Humains. Genève

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