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Premier entretien exclusif du commandant Timoleón Jiménez, par Carlos Lozano

timochenko2.jpegCommandant Timoleón Jiménez :

« Nous avons toujours été disponibles pour la recherche de la paix »

Mercredi 19 septembre 2012
Par Carlos Lozano Guillén

Première interview exclusive du commandant Timoleón Jiménez, par Carlos Lozano, directeur de Voz, hebdomadaire du Parti communiste colombien.

« Le président répète qu'il ne pense pas commettre les mêmes erreurs que par le passé, et nous espérons qu'il en sera ainsi. Vous savez que la principale erreur de tous les processus antérieurs a été d'arriver à la Table en exigeant la reddition », dit le commandant Timoleón Jiménez au directeur de Voz.

Timoleón Jiménez, commandant en chef de l’État major central des FARC-EP, est le visage connu du légendaire mouvement guérillero, aujourd'hui engagé dans la recherche de la paix démocratique, au moyen du nouveau dialogue avec le gouvernement. C'est la continuation d'une orientation des FARC-EP. Manuel Marulanda l'avait dit à Voz durant les dialogues du Caguán : « La paix est un étendard des révolutionnaires ». Cette interview a lieu à un moment historique, au seuil d'un nouvel effort pour parvenir à la paix en Colombie. Voici les réponses de Timoleón Jiménez, concrètes, précises. On pourrait dire, sans faux optimisme, que la paix est plus proche qu'avant, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Tout le pays espère que ce ne sera pas une nouvelle frustration.

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Blinder le dialogue de paix grâce à la mobilisation populaire

L’une des personnalités de la gauche qui a beaucoup contribué au dialogue de paix entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du Peuple (FARC-EP), c’est le directeur de Voz La Verdad del pueblo et dirigeant national du Parti communiste colombien, Carlos Lozano.

Ces jours-ci et certainement pendant tout le processus qui de déroulera à La Havane celui qui est aussi dirigeant national du Pôle démocratique alternatif (PDA) et de la Marche patriotique sera certainement l’une des personnalités les plus sollicitées par les médias nationaux et internationaux, en raison de sa grande implication dans ce projet de paix, lequel était perçu comme lointain, voire impossible, en raison de l’entêtement de la bourgeoisie colombienne conduite par Santos.

Au sein même du mouvement Colombiennes et Colombiens pour la Paix le camarade Carlos Lozano a été un protagoniste conséquent, étant également l’une des personnalités les plus menacées du pays par la droite et l’extrême droite qui continuent de préférer une issue sanglante pour ce conflit social et armé que vit le pays depuis plus de cinquante ans.

S’exprimant sur le site www.pacocol.org et sur d’autres médias alternatifs le camarade Carlos Lozano avec cette élégance personnelle qui le caractérise a fait une analyse profonde de l’événement historique : l’ouverture du dialogue de paix avec les guérillas ; en effet la participation de l’Armée de Libération Nationale (ELN) est également imminente.

Il a dit que « la meilleure façon de blinder le processus de paix c’est avec la mobilisation des masses populaires ». Il ajoute que « les partis de l’Unité nationale doivent soutenir leur président, et non le laisser seul dans ce processus de paix ».

Il critique plusieurs positions du gouvernement Santos. La première c’est la tenue du processus à l’extérieur du pays. Il signale : « C’est une erreur du gouvernement que de vouloir mener le processus de dialogue en tournant le dos au pays, en faisant le choix de l’étranger ». Deuxièmement il critique aussi la tenue du dialogue alors que le conflit se poursuit. Carlos Lozano qualifie ce choix d’« erreur énorme ». Il considère que c’est une évidente concession au militarisme.

Il soutient que toutes et tous nous sommes dans l’obligation de contribuer à la paix, chacun avec ses propres dynamiques, en recherchant bien entendu l’unité pour l’efficacité et pour avoir un impact à l’échelle nationale et internationale. Il dit : « Ceux qui conduisent différentes initiatives à la recherche de la paix, il faut le faire de sa propre initiative ». Il regrette la crise qui existe à gauche en raison de la décision erronée prise par un secteur du comité exécutif du Pôle démocratique alternatif (PDA) d’expulser le Parti communiste. Il souligne : « Il est évident que la crise du PDA est très néfaste pour un processus de cette nature ». Il ajoute avec beaucoup de bon sens que « la fin du conflit armé n’est pas la victoire totale de la paix ».

Il signale avec inquiétude la présence des ennemis de la paix qui chercheront certainement par tous les moyens à saboter et à éviter le succès de ce processus de paix. Il pronostique : « Il va y avoir des actes de déstabilisation, peut-être des assassinats de personnalités de premier plan ».

Voir l’interview complète :

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Le meilleur coin des amériques

Nous vous recommandons de regarder le documentaire "Le Meilleur Coin des Amériques" réalisé en 2008 par Daniel Vin et qui a été lancé hier sur youtube. C'est un regard équilibré sur l'histoire des vingt dernières années dans le Chocó : L'opération Génésis, la déforestation, l'implantation de la palme africaine et l'organisation des communautés de paix.

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Colombie. La difficile dépolitisation du conflit armé

Ces derniers mois, celle qui est censée être la démocratie la plus stable d’Amérique du Sud a été le théâtre d’un nombre incalculable de débats, assignations et autres résolutions très révélateurs. Le coup d’arrêt donné par le gouvernement à la libération unilatérale des otages, tout comme l’ouverture d’enquêtes sur la « FARC-politique », ne sont que des façons de tourner le dos au cœur du problème par méconnaissance de la dimension politique des FARC, ce qui entrave par conséquent la résolution intégrale du conflit.

Libérations suspendues

Le 16 avril dernier, les FARC ont annoncé être disposées à libérer de façon unilatérale le caporal Pablo Emilio Moncayo et le soldat Josué Daniel Calvo Sánchez et à remettre la dépouille du capitaine Julián Guevara. Les calculs politiques du président Álvaro Uribe ont cependant allongé la captivité des otages. Il s’en est d’ailleurs justifié en ces termes : « Nous n’allons pas cautionner le fait que la libération de quelques compatriotes séquestrés – alors qu’ils n’auraient jamais dû l’être –, qui ont été torturés dix années durant, serve de prétexte à un festin politicien à la gloire du terrorisme » [1].

Plusieurs personnalités nationales et internationales ont demandé au président qu’il facilite la médiation de la sénatrice Piedad Córdoba pour accélérer le processus de libération. À la suite de quoi Álvaro Uribe a affirmé qu’il n’accepterait que la libération simultanée de 24 captifs. Quelques jours plus tard, le ministre de l’intérieur et de la justice, Fabio Valencia Cossio, a apporté quelques éclaircissements : « Nous ne devons pas prendre au pied de la lettre l’affirmation du président relative à la libération simultanée de tous les otages » [2]. Et même si Uribe, de façon plutôt ambiguë, a donné son feu vert à la chef de file de Colombianas y Colombianos por la Paz [3], le gouvernement n’a prévu aucune initiative concrète pour faciliter l’opération humanitaire.

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A Paris, on exige la libération de Pablo Emilio Moncayo

Un appel d’urgence de la communauté colombienne, française et latino-américaine en France pour exiger de l’Etat Colombien qu’il offre les conditions permettant la libération unilatérale de Pablo Emilio Moncayo, a pris la forme d’une manifestation ce vendredi 8 mai dernier à Paris.

Face à la résidence de l’ambassadeur de Colombie en France, diverses organisations françaises ont exigé que le gouvernement colombien n’empêche pas plus longtemps la mise en liberté du Caporal Pablo Emilio Moncayo, annoncée unilatéralement par les Farc Ep. Les manifestants soutiennent l’action de la sénatrice Piedad Córdoba et du groupe des Colombiennes et Colombiens pour la Paix ainsi que la décision de la famille Moncayo qui rejette toute opération militaire de sauvetage.

Le gouvernement colombien refuse de permettre ce type de libérations unilatérales. C’est une énième expression du gouvernement uribiste qui ne reconnaît pas l’existence du conflit armé interne et ne peut pas dialoguer avec un acteur politique.

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Soutien international aux gestions humanitaires pour la libération de Pablo Emilio Moncayo

Nous sous-signés, membres de la Commission Internationale pour la Vérité en Colombie, et d’autres personnes de diverses parties du monde, membres d’organisation de défense des droits de l’homme, de collectifs de solidarité et de mouvements pour les droits à la mémoire, à la vérité et à la justice, suivons avec une grande attention les actions d’humanisation de la guerre en Colombie promues par le mouvement des Colombiennes et Colombiens pour la Paix, expression citoyenne nationale et internationale conduite par la Sénatrice Piedad Córdoba.

 

Nous partageons la préoccupation manifestée publiquement par la famille Moncayo face au silence et aux attermoiements du gouvernement de Colombie concernant la décision de libérer unilatéralement le Caporal Adjoint de l’Armée régulière PABLO EMILIO MONCAYO CABRERA.

 

C’est pourquoi :

 

Nous demandons au gouvernement national dirigé par le Président Alvaro Uribe Vélez, la garantie qu’il n’y aura aucun dispositif militaire, policier ou autre, qui mette en danger la vie, la sécurité et l’intégrité physique du Caporal Adjoint PABLO EMILIO MONCAYO CABRERA, celles de ses compagnons et le processus même de libération déjà annoncée par les FARC-EP.

 

Nous appelons le gouvernement colombien à entamer immédiatement un dialogue avec la famille du Professeur Gustavo Moncayo, avec le Mouvement des Colombiennes et des Colombiens pour la Paix et avec le Comité International de la Croix Rouge (CICR) pour définir les aspects logistiques nécessaires pour porter à bon terme la libération attendue de PABLO EMILIO.

 

De même, nous demandons au gouvernement qu’il crée les conditions pour que le Professeur Gustavo Moncayo soit présent pendant la libération de son fils PABLO EMILIO.

 

Nous affirmons que certains signataires de cette déclaration seraient pleinement disponibles pour assurer une présence physique au cours du processus envisagé pour la libération, et contribuer à la sécurité de sa réalisation.

 

Nous sommes profondément préoccupés par cette situation et nous exhortons le gouvernement colombien à faciliter, sans opposer aucun obstacle, la libération de PABLO EMILIO MONCAYO. Le monde veille sur lui.

 

Recevez nos salutations distinguées.

 


Pour signer cette lettre, envoyez vos Nom, Prénom, Profession à :   apoyointernacionalpazcolombia@gmail.com

 

 

Changement de cap des Farc (article in L'Humanité)

Colombie . La guérilla a annoncé dimanche vouloir procéder à un échange de prisonniers sans condition. Le président rejette tout dialogue.

Par Cathy Ceibe

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) confirment le changement de cap au sein de leur organisation depuis qu’elles ont initié, en septembre dernier, un dialogue épistolaire avec le groupe de Colombiens et Colombiennes pour la paix en Colombie (CCP) animé par la sénatrice libérale et ancienne médiatrice Piedad Cordoba. Dans sa troisième missive en date du 28 mars, la guérilla s’est déclarée prête « pour l’échange de prisonniers de guerre », précisant qu’elle ne ferait pas de l’éventuel « lieu du dialogue (…) un obstacle », a rapporté, dimanche, le site Internet Anncol.

Début février déjà, les échanges de courriers entre les CCP et la guérilla en vue de « débloquer les chemins qui conduisent concrètement à la réalisation d’un accord humanitaire qui permette la libération des otages et des prisonniers qui sont entre les mains (…) des FARC et, en même temps, la liberté des prisonniers, membres de cette guérilla, qui se trouvent sous la juridiction de l’État », avaient abouti aux élargissements unilatéraux de deux civils, trois policiers et un militaire.

En savoir plus : l'Humanité

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