Autodétermination

Déclaration des organisations sociales andines face à l'accord de libre échange avec l'Union Européenne

Un nouveau tour de négociations sur l’accord de libre échange entre l’Union Européenne, la Colombie, l’Equateur et le Pérou a eu lieu à Lima. Ce processus avance à marche forcée sous la pression des gouvernements du Pérou et de la Colombie alors que le monde traverse la plus grave crise économique de ces dernières décennies et que, comme le révèle une récente évaluation de l’OMC, les grandes puissances ferment leurs marchés pour protéger leurs économies.

Les gouvernements colombien et péruvien nous présentent cet accord de libre échange comme une grande opportunité et une possibilité illusoire d’augmenter le commerce avec l’Union Européenne. Ils oublient de considérer que le type de relations avec ce bloc de pays n’a jamais participé au développement ni au progrès régional. Ils ne tiennent pas compte non plus des conflits internes en Europe au sujet des mesures à adopter pour affronter la récession, ni du fait que la moitié des nouveaux chômeurs du bloc européen vivent en Espagne, principal partenaire commercial de la région andine en Europe.

Le mandat des négociateurs de l’Union Européenne n’a, pour sa part, pas changé et les intérêts hégémoniques de ce bloc demeurent. La Colombie et le Pérou ont d’ores et déjà renoncé à inclure les chapitres sur la Coopération et le Dialogue Politique qui avaient servi pendant un temps à dévier l’attention pour qu’elle ne se porte pas sur le véritable objet de l’accord : L’économie et le commerce. En effet, à toutes les tables de négociation, l’échange d’offres sur ce seul pilier montre que les ambitions européennes sont encore plus agressives que celles des Etats-Unis. Il révèle le besoin pressant qu’a l’Europe de s’approprier le contrôle sur le flux de matières premières et de ressources naturelles pour sortir de la crise.Tout cela finira par encourager une « guerre entre pauvres » dans la région andine, chacun cherchant à vendre son kilo de bananes de plus sur le marché européen saturé.

Les objectifs de la Communauté Andine des Nations sont contrariés à mesure qu’avance la négociation de cet accord avec l’Union Européenne. La sympathie des gouvernements colombien et péruvien pour le « libre commerce » est devenu incompatible avec le processus andin d’intégration. C’est pour cette raison que le Vénézuela s’était retiré de la communauté andine quand l’accord de libre échange avec les Etats-Unis a été négocié, que la Bolivie s’est éloignée des négociations de l’Accord d’Association initial, et que l’on entend constamment les négociateurs péruviens et colombiens se plaindre de la position de l’Equateur qui ne les laisse pas livrer les économies nationales. La situation ne s’améliore pas, bien au contraire, car Rafael Correa a exprimé qu’il insistera auprès de l’Union Européenne pour que soient négociés les chapitres sur la coopération et le dialogue politique. Il a ajouté que, sans cela, la signature de l’accord de libre échange n’aurait pas de sens.

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