Disparition de Sandra Viviana Cuellar

Santiago de Cali, marzo 4 de 2011

Lettre à l’opinion publique

Cela fait plus de quinze jours que nous recherchons Sandra Viviana. Nous avons parcouru des rues, des hôpitaux, des morgues, des endroits inhospitaliers, des quartiers populaires ; nous nous sommes rendus à plusieurs endroits où on nous dit que Sandra a été vue, en imaginant que Sandra y a pu être droguée et puis abandonnée ; nous sommes arrivés dans des quartiers délaissés par la société, des endroits sans nom habités par des gens qui déambulent en portant leur misère. Personne ne sait où elle est. Sa famille, ses amis, ses camarades d’étude et ses professeurs, ainsi que les gens solidaires de toute la ville et du pays, nous avons déployé tous les efforts à notre portée pour la rechercher dans un grand nombre de quartiers de Cali, dans des municipalités avoisinantes telles que Palmira, Buga, Yumbo, Florida, Pradera, Jamundí, Tulúa y Guacarí. Nous avons distribué plus de vingt-mille flyers et posters et depuis 10 jours nous avons installé une tente pour échanger des renseignements sur notre recherche, près de l’endroit où l’on présume que Sandra a été attaquée. A cet endroit, nous nous sommes réunis et nous avons distribué des informations relatives à sa disparition.

A Cali, nous avons fait deux défilés pour le retour de Sandra, avec la participation de nombreuses personnes, et qui ont été largement relayés par les médias. A Palmira, un autre défilé a eu lieu depuis l’Université Nationale jusqu’au centre ville, alors que nous cherchions des pistes sur l’endroit où peut être Sandra. Plusieurs soirées culturelles ont eu lieu dans la tente : une rencontre de danse andine, une pièce de théâtre, et bien d’autres initiatives culturelles nous montrent le haut degré de sensibilisation et de mobilisation citoyenne. Des activités religieuses et ancestrales, avec lesquelles Sandra partage sa vie spirituelle, ont également rejoint la mobilisation avec des danses, des prières et des chants. L’église catholique a également mené des actions pour retrouver Sandra.

Les expressions de solidarité qui ont surgi dans les réseaux virtuels, sont innombrables. Une grande diversité de personnes et d’organisations académiques, culturelles, des jeunes, des travailleurs, des femmes, des peuples afro-colombiens et des indigènes y ont participé activement. Des organisations et des réseaux qui travaillent pour les droits de l’homme se sont engagés dans la recherche de Sandra, tout en respectant les décisions de sa famille et de ses amis. Les média, sans exception, ont informé et ont décidément contribué à sa recherche. Quelques entrepreneurs ont aussi manifesté leur solidarité.

La Mairie de la ville de Cali a offert une récompense de 50 millions de pesos (environ 19 mille euros) aux personnes qui fournissent des informations conduisant à retrouver Sandra et le Gouvernement du Département du Valle a mis en place des mécanismes d’informations y compris la diffusion sur leur site Web. Des Sénateurs et des Représentants de divers partis politiques de la région ont mis à disposition des mécanismes de divulgation des informations et de soutien.

Le Défenseur du Peuple (Obudsman) a émis une alerte et le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies a enregistré les faits et s’est engagé à faire un suivi de la situation. Tout le commandement de la Police s’est réuni avec les parents de Sandra et s’est engagé à la rechercher.

Malgré tous les efforts qui ont été déployés, Sandra n’est pas de retour. En ce moment, nous ne connaissons aucun progrès dans cette enquête, et nous sentons que les moyens qui lui ont été accordés par les autorités n’ont pas été suffisants. Ceci met en évidence le besoin de ce que la ville et le pays puissent disposer d’institutions mieux équipées, plus nombreuses et davantage qualifiées qui puissent mener à des résultats rapides et tangibles dans le cas de cette disparition et d’autres disparitions.

Cette recherche nous interpelle sur la disparition forcée dans notre pays, tel que cela a été mis en évidence par Amnesty International, la lettre de six parlementaires européens à la Présidence de la République et le message du Président du Costa Rica au Président Santos sur le cas de Sandra.

Nous remercions les organisations et les personnes qui ont respecté la volonté des parents, de la famille et des amis de Sandra, pour souligner les valeurs spirituelles, artistiques, culturelles et professionnelles de Sandra. Mais sans doute, il faut (il est temps) également reconnaître l’attitude solidaire et l’engagement de Sandra avec la justice environnementale et sociale, sa vocation qui l’a menée à promouvoir la protection des zones humides des rives du Fleuve Cauca, à promouvoir des pratiques agro-écologiques et les marchés paysans, à impulser les processus culturels, juridiques et d’éducation environnementale pour la protection de l’eau en tant que bien public et des bois en tant qu’espaces biologiques et sociaux vitaux. Sandra Viviana est, sans aucun doute, une femme d’une grande valeur pour sa famille, pour la société et pour le mouvement environnemental.

Ses parents, son frère, ses oncles, ses tantes, ses cousins et ses cousines, ses grands-parents et le reste de sa famille, ses camarades et ses amis, nous demandons aux autorités de la ville, de la région et du pays, en tant que garants de la sécurité de citoyens, une réponse appropriée et rapide qui permette le retour de Sandra parmi la société et sa famille. Devant la faiblesse de l’Etat pour protéger le bien-être, l’intégrité et la vie des colombiens, nous invitons les institutions internationales qui défendent les droits de l’homme, les gouvernements qui sont respectueux de la vie, les institutions multilatérales et les organisations, les réseaux et les mouvements sociaux et environnementaux à inclure dans leurs agendas la défense de la vie de Sandra en tant que symbole de respect de la vie, la durabilité et les droits de l’homme.

Nous remercions les organisations locales, nationales et internationales qui nous soutiennent et qui se portent sincèrement solidaires de notre douleur face à la manière dont on nous enlève Sandra. Nous vous demandons d’approfondir vos actions qui puissent contribuer à son retour immédiat.

Nous recherchons Sandra, aidez-nous à unir des forces pour la retrouver !

Cordialement,

Les Parents, la famille et les ami(e)s de Sandra

Note: nous avons ouvert un e-mail pour centraliser toutes les informations et les initiatives relatives à la recherche de Sandra, et pour que toutes les personnes intéressées puissent contacter directement sa famille et ses amis qui sont en interlocution avec les autorités : buscandoasandra@gmail.com

Nous vous demandons de faire circuler largement cette lettre et surtout d’envoyer vos propres lettres aux autorités Colombiennes et aux Ambassades Colombiennes dans vos pays respectifs, en nous mettant en copie.


 

Modèle de lettre :

Après 15 jours de recherche infructueuse, Sandra Viviana n’est toujours pas de retour dans son foyer et dans sa vie sociale. Sandra Viviana Cuéllar Gallego est une jeune de 26 ans, ingénieur de l’environnement, qui est remarquable par les valeurs spirituelles, artistiques, culturels et professionnels qui la caractérisent. Sandra Viviana est une femme qui a une profonde attitude de solidarité et un énorme engagement avec la justice environnementale et sociale.

Sandra a promu la protection des zones humides des rives du Fleuve Cauca, les pratiques agro-écologiques et les marchés paysans, elle a impulsé des processus culturels, juridiques et d’éducation environnementale pour la protection de l’eau en tant que bien public et des forêts en tant qu’espaces biologiques et sociaux vitaux. Sandra Viviana est, sans aucun doute, une femme d’une grande valeur pour sa famille, pour la société et pour le mouvement environnemental.

Nous persistons dans notre demande aux gouvernements de la ville de Cali, du Département du Valle et du Gouvernement National de la Colombie, en tant que responsables de la protection de la sécurité des citoyens, afin qu’une réponse appropriée et rapide permette le retour de Sandra dans la société et sa famille.

Lettre à adresser à:

HERNAN JAIME ULLOA VENEGAS

hernanulloa@presidencia.gov.co

Director del Programa presidencial de Derechos Humanos y Derecho Internacional Humanitario

WOLMAR ANTONIO PEREZ ORTIZ

Defensor del Pueblo

Calle 55 No. 10 – 32 Bogotá D.C.
Fax. 640 0491


defensoria@defensoria.org.co

secretaria_privada@hotmail.com

MANUEL TORRES MONERO

Personero Municipal de Santiago de Cali

personeria-cali@emcali.net.co

JORGE IVÁN OSPINA

Alcalde de Santiago de Cali

alcalde@cali.gov.co

GUSTAVO ADOLFO CARVAJAL

Ambassaddeur de Colombie en France

nbenitez@amb-colombie.fr

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