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Luis Saavedra. "No a las Bases"

 « Nous nous sentons toujours menacés »

Entretien réalisé par Pierre Duquesne, vingt-six ans, Manta (Équateur).

Depuis vendredi dernier, les États-Unis ont officiellement quitté la base militaire de Manta, en Équateur. Une victoire pour Luis Saavedra, un des leaders de la coalition No a las bases. Mais face à l’annonce de l’installation de sept nouvelles bases américaines en Colombie, cet Équatorien reste inquiet. Il était cette semaine à Bogota, Medellin et Cali pour faire part aux militants de ce pays de cette longue mobilisation.

La fin officielle de la présence américaine en Équateur est la conclusion d’une longue lutte…

Luis Saavedra. Ce furent des mobilisations constantes, avec des ateliers, des conférences, des tentatives d’investir la base, des campements de jeunes, des marches de femmes, etc. Ce sont dix ans de lutte et de mouvement social qui ont permis que Rafael Correa tienne ses promesses de campagne sur cette question. La fin de la base américaine de Manta, ce ne fut pas une décision du seul Rafael Correa. Derrière chaque décision de Rafael Correa, il y a un peuple mobilisé.

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La Colombie freine la réalisation des mécanismes de sécurité régionaux

La Colombie s’enfonce un peu plus dans son isolement au sein de l’unasur, le 15 septembre 2009 à Quito, lors du sommet des ministres de la Défense et des ministres des affaires étrangères.

Ce sommet, qui avait été prévu suite au sommet extraordinaire à Bariloche deux semaines auparavant, avait pour but de « mettre en place des mécanismes de sécurité régionaux » et l’examen des contrats sur la coopération des bases militaires entre la Colombie et les États-Unis.

Mais la Colombie n’a pas joué le jeu et au lieu d’apporter le document, la délégation colombienne a préféré mettre en avant le fait qu’il ne soit pas demandé de compte ni au Brésil pour « son accord » avec la France pour l’achat de ses rafales, ni au Vénézuela pour ses importantes commandes d’arme à la Russie. Bloquant les négociations, le sommet de Quito s’est révélé être un échec.

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Colombie : un pays producteur de pétrole qui compte ?

La Colombie, nouvel eldorado du pétrole ? Qui sait ...

Sachant tout de même qu'or noir rime souvent avec "malédiction " , rivalités locales et internationales.

En tout état de cause, selon l'Agence nationale d'hydrocarbures (ANH), la production de pétrole en Colombie a atteint en août 660.000 barils par jour. Une progression de 9,5% en valeur glissante annuelle. La production pétrolière de Colombie dépasse désormais les attentes des autorités, lesquelles tablaient sur 565.000 barils.

Mais tout n'est pas rose pour autant, passé l'effet d'annonce : le directeur de l'ANH, Armando Zamora a néanmoins concédé qu'"aucune découverte majeure n'avait été faite ces dernières années". Et ce, en dépit d'importants investissements dans le secteur qui pourraient s'élever à 3,5 milliards de dollars en 2009.

Précisons que la Colombie, située au 30e rang des pays producteurs de pétrole, cherche à attirer les entreprises étrangères - dont le français Maurel et Prom - pour exploiter près de 150 gisements. L'objectif étant d'atteindre une production d'un million de barils par jour d'ici 2020.  Se voulant confiant, le gouvernement table même sur une production de 700.000 barils par jour en 2009, contre 588.000 sur l'ensemble de l'année 2008.

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Deux autres assassinats endeuillent une fois de plus le mouvement syndical

4 septembre 2009: Cette semaine, deux autres syndicalistes colombiens, GUSTAVO GÓMEZ et MAURICIO ANTONIO MONSALVE VÁSQUEZ, ont été tués, ce qui porte à 27 le nombre de militants syndicaux assassinés en Colombie depuis janvier 2009. Le mouvement syndical insiste auprès des autorités pour qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires pour en finir avec ce bain de sang.

Le 21 août, des inconnus se sont présentés au domicile de Gustavo Gómez, salariés de Nestlé-Comestibles la Rosa S.A. et membre du SINALTRAINAL. Lorsque ce dernier a ouvert la porte, les individus lui ont tiré dessus à dix reprises. Il est décédé quelques heures plus tard.

Ce crime s’est produit alors que le syndicat avait présenté un cahier de revendications à la société Nestlé Purina PetCare de Colombia S.A.

Mauricio Antonio Monsalve Vásquez était enseignant et avait disparu depuis dix jours lorsque son corps a finalement été découvert, enterré à Ituango dans une zone appelée Santa Lucia. Il n’a pas encore été possible de faire toutes les démarches nécessaires pour le rapatrier afin de lui donner une sépulture.

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Colombie. La difficile dépolitisation du conflit armé

Ces derniers mois, celle qui est censée être la démocratie la plus stable d’Amérique du Sud a été le théâtre d’un nombre incalculable de débats, assignations et autres résolutions très révélateurs. Le coup d’arrêt donné par le gouvernement à la libération unilatérale des otages, tout comme l’ouverture d’enquêtes sur la « FARC-politique », ne sont que des façons de tourner le dos au cœur du problème par méconnaissance de la dimension politique des FARC, ce qui entrave par conséquent la résolution intégrale du conflit.

Libérations suspendues

Le 16 avril dernier, les FARC ont annoncé être disposées à libérer de façon unilatérale le caporal Pablo Emilio Moncayo et le soldat Josué Daniel Calvo Sánchez et à remettre la dépouille du capitaine Julián Guevara. Les calculs politiques du président Álvaro Uribe ont cependant allongé la captivité des otages. Il s’en est d’ailleurs justifié en ces termes : « Nous n’allons pas cautionner le fait que la libération de quelques compatriotes séquestrés – alors qu’ils n’auraient jamais dû l’être –, qui ont été torturés dix années durant, serve de prétexte à un festin politicien à la gloire du terrorisme » [1].

Plusieurs personnalités nationales et internationales ont demandé au président qu’il facilite la médiation de la sénatrice Piedad Córdoba pour accélérer le processus de libération. À la suite de quoi Álvaro Uribe a affirmé qu’il n’accepterait que la libération simultanée de 24 captifs. Quelques jours plus tard, le ministre de l’intérieur et de la justice, Fabio Valencia Cossio, a apporté quelques éclaircissements : « Nous ne devons pas prendre au pied de la lettre l’affirmation du président relative à la libération simultanée de tous les otages » [2]. Et même si Uribe, de façon plutôt ambiguë, a donné son feu vert à la chef de file de Colombianas y Colombianos por la Paz [3], le gouvernement n’a prévu aucune initiative concrète pour faciliter l’opération humanitaire.

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Douze indiens Awá assassinés le 27 août

Massacre des Awá : Le sang sacré versé par cupidité

Réseau de Comunicación ACIN

 

Douze indiens Awá assassinés le 27 août

 

Au moins 180 indiens Awá continuent à s’entasser sur le terrain El Verde de la réserve du Grand Sábalo, en manque d’assistance des services d’action sociale, suite au massacre de 12 indiens de la communauté de Tortugaña – Telembi, qui est toujours resté impuni. Pendant ce temps-là, un nouveau massacre qui remplit de douleur et de rage les communautés indiennes vient d’être commis. Le mercredi 26 août, dans la réserve indienne du Grand Rosario dans la municipalité de Tumaco, vers 5 heures du matin, des hommes encagoulés, avec des vêtements militaires, sont entrés dans la communauté et ont effectué des tirs indiscriminés sur la maison d’une famille Awá.

 

Résultat, 6 adultes et 6 mineurs ont été assassinés : Tulia García Guangua, 35 ans, Laurencio García, 38 ans, Carmela Guangua, 18 ans, Fabio Taicus, 18 ans, Alfredo Guangua, 19 ans et Amparo Nastacuas 21 ans, ainsi que Keison Ferney 8 mois, Nancy Jazmín 5 ans, Alexander Rodríguez 6 ans, Jaime Laurencio Garcia 5 ans, Luis García de 13 ans et Roberto Guangua de 17 ans. Au cours de ces violences contre le Peuple Awá, il y a eu également des blessés : Javier García de 20 ans, David García, 12 ans et Yolanda Bisbicus, 22 ans, qui sont soignés dans différents hôpitaux.

 

La cible de ce crime était la femme d’un indien Awá assassiné le 23 mai dernier par l’Armée Nationale. Cette femme avait été témoin des faits. « Nous sommes convaincus que l’objectif de ce massacre était d’éliminer cette femme » dénonce Oscar Ortíz, secrétaire de l’Unité indienne du Peuple Awá.

 

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Yuri Buenaventura. Rendez-vous avec le soleil

Article paru le 21/08/2009 dans l'Humanité

Yuri Buenaventura . Rendez-vous avec le soleil

Festival . Yuri Buenaventura a donné chair et âme à son CD Cita con la luz, sous le chapiteau de Jazz in Marciac. Discussions avec un musicien chaman résistant.

Succédant à l’impressionnant pianiste cubain Roberto Fonseca - dont nous reparlerons -, Yuri Buenaventura a offert, lors de Jazz in Marciac, un concert partagé entre danse et émotion, dans la lignée de son irradiant Cita con la luz : le plus intime et le plus mûr de ses albums (il l’a enregistré à Bogota et à La Havane). Enflammé, le public l’a rappelé plusieurs fois. En guise d’hommage, Yuri a cité le nom de chaque enfant qui, dans l’après-midi, avait participé à sa master class. L’un d’eux lui avait demandé : « Composez-vous pour les nuages ? » Le fils de pêcheur colombien a répondu par l’affirmative. Nous avons ouï dire qu’il parle aux oiseaux et au soleil. Discussion à bâtons rompus. Bâtons de chaman, cela s’entend.

Que représente Jazz in Marciac, pour vous qui n’êtes pas issu du jazz ?

Yuri Buenaventura. Ce festival exemplaire dépasse les frontières du jazz. Il incarne la réussite d’un rêve de dialogue et d’amour autour de la musique, grâce à sa philosophie et à ses nombreux bénévoles mélomanes. En tant qu’artistes, notre premier contact avec Jazz in Marciac se noue avec les chauffeurs. Nous percevons leur expérience, leur respect et, si nous discutons avec eux, nous sentons leur approche fine, douce, de la musique.

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Le déploiement des bases militaires US en Colombie

Article paru dans Mondialisation.ca le 11/08/2009

Il fallait justifier l'escalade de l'offensive militaire de l'empire étasunien dans le but d'inverser les changements qui ont remanié la physionomie sociopolitique de la région [Amérique du sud]. Devant cette déconcertante réalité, la tactique de la Maison-Blanche a été d'abandonner la rhétorique belliqueuse de Bush et de s'essayer à un discours égalitariste et respectueux de la souveraineté des pays de la région, tout en déployant de nouvelles bases militaires, en maintenant la Quatrième Flotte et en renforçant sans cesse le Commandement Sud de l'armée états-unienne [1].

En ce sens, Barack Obama – que des «progressistes» européens et latino-américains continuent à confondre avec Malcolm X – est en train de suivre à la lettre les conseils de Théodore Roosevelt, le père de la grande expansion impérialiste nord-américaine dans les Caraïbes et en Amérique Centrale, lorsqu'il conseillait «speak softly and carry a big stick», autrement dit, «parle avec une voix douce, mais porte un gros bâton". Roosevelt s'est montré maître dans l'art d'appliquer cette maxime au moment de construire le Canal de Panama [il s’est ouvert à la navigation en 1914] et de réussir, à l'aide de l'infâme amendement Platt [2], qui entraînait pratiquement une annexion de Cuba par les Etats-Unis. Avec sa politique de remilitarisation forcée de la politique extérieure vers l'Amérique Latine et les Caraïbes, Obama suit le chemin tracé par son prédécesseur [G.W Bush].

Pour justifier sa décision de concéder aux forces armées des Etats-Unis sept bases militaires, Alavaro Uribe – le président de Colombie – invoque l'élargissement de la coopération avec le pays du Nord pour pouvoir livrer un combat efficace contre le narcotrafic et le terrorisme. Cette excuse ne tient pas à la lumière de l'expérience: d'après une agence spécialisée des Nations Unies, les deux pays dont la production et l'exportation de pavot et de coca ont le plus augmenté sont l'Afghanistan et la Colombie. Or, ces deux pays sont sous une occupation militaire nord-américaine. Si l'histoire de la Colombie au cours du dernier demi-siècle nous quelque chose, c'est bien l'incapacité à résoudre le défi posé par les FARC par la voie militaire.

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Uribe doit s'expliquer, les USA clarifier leur position

Article paru dans Le Correo de la Diaspora, le 11 août 2009

Contexte très tendu au sommet des chefs d'Etats de l'Unasur (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay, Paraguay, Venezuela, Equateur, Colombie, Bolivie, Guyane, Pérou et Surinam) depuis l'annonce d'un projet d'accord de la Colombie sur la mise à disposition de sept bases militaires à l'armée des Etats-Unis. Ce sujet est au cœur de la réunion des chefs d'Etat de la région, de même que celui du coup d'Etat du Honduras. Lors de cette réunion de l'Unasur, comme prévu, la présidence est passée des mains de Michelle Bachelet à celles de Rafael Correa.

Le point de vue des pays limitrophes de la Colombie, dont le Venezuela, ont donc été écoutés avec attention. Le président Hugo Chavez -dont les relations diplomatiques sont très tendues avec la Colombie- avait dimanche invité le « peuple et les forces armées » à se tenir « prêts au combat », alors qu' il accusé la Colombie d'avoir fait une incursion sur son territoire ; par ailleurs il a décidé de mettre fin aux ventes de carburants à prix « avantageux » à la Colombie.

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