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Ne nous offrez pas de poèmes, notre vie est un poème

Éditorial ACIN. 21-27 Mars 2011

Traduit par Camille Apostolo

Le 8 mars dernier, on a commémoré le jour de la lutte des femmes pour leurs Droits. En Colombie, on remplace la commémoration par la célébration. Ainsi, certaines femmes ont reçu des roses, des œillets, des tournesols, des chocolats et des peluches, entre autres babioles qu'on a l'habitude de donner lors d'occasions apparemment spéciales et dont le commerce profite pour que la société consomme plus que de coutume.

Savez-vous ce qui se fête le 8 mars ? Nous le demandons à Madame Dora dans la cuisine de sa maison. Elle nous dit, sans cesser d'attiser le feu : « on se rappelle les cents femmes mortes dans une usine pour réclamer leurs droits ». En un jour comme celui là, on met en exergue la femme professionnelle, l'étudiante, celle qui a une fonction publique, ou celles qui « ont fait l'histoire ». Dans la majorité des poèmes et des chansons on parle des femmes, mais quasiment personne ne pénètre dans leur quotidien pour découvrir les véritables poésies et chansons : Celles qu'elles font avec leur vies.

Et donc, aujourd'hui dans cet éditorial, nous faisons le choix de remarquer les femmes que la société ignore parce qu'elles vivent leur vie du côté invisible -ou invisibilisé-

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Comptes macabres. Trad° A. Caballero

Antonio Caballero. in SEMANA. Samedi 26 mars 2011

Traduction CPCP

Colombie : Le procureur de la République enquête sur 27.300 cas de disparition forcée. C’est plus que ceux commis en Argentine et au Chili pendant les années de plomb des dictatures militaires.

Avec les 3 assassinats de cette semaine – un à Turbo, un autre à San Onofre, un autre à San José de Apartadó- ce sont en tout cinquante leaders paysans engagés dans la lutte pour la récupération des terres usurpées qui ont été assassinés ces trois dernières années.

Christian Salazar, délégué de l’ONU en Colombie pour les Droits de l’Homme, a donné il y a quelques jours une information terrifiante mais qui n’a manifestement fait froid dans le dos à presque personne : Le procureur de la République enquête sur 27.300 –vingt-sept mil trois cents- cas de disparition forcée. C’est plus que ceux commis en Argentine et au Chili pendant les années de plomb des dictatures militaires. Par ailleurs, l’unité nationale des ministères publics pour la Justice et la Paix publie un autre chiffre, encore plus effrayant : En quatre ans, de juin 2006 à décembre 2010, les paramilitaires théoriquement « démobilisés » et leurs successeurs pudiquement appelés « bandes criminelles » (néo-paramilitaires en collaboration avec des éléments de la force publique) ont commis 173.183 homicides et 34.467 disparitions forcées. L’éditorialiste Alfredo Molano se livre dans El Espectador à un compte macabre : Si tous ces morts avaient été fusillés les uns derrière les autres, la file des cadavres aurait mesuré cent soixante-trois kilomètres de long.

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Diplo : Álvaro Uribe, un professeur embarrassant

L’Ecole nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) s’est dotée d’un professeur pas tout à fait comme les autres : l’ancien président colombien, Álvaro Uribe (au pouvoir de 2002 à 2010).

« En octobre 2007, à Carthagène des Indes, Álvaro Uribe est fait ingénieur Honoris Causa de l’ENIM. En 2010, il accepte la fonction de professeur des Universités », affichait encore récemment le site de l’institution (1). En mars 2011, surprise, l’Agence France presse (AFP) tente d’en savoir un peu plus. La direction de l’ENIM lui indique qu’elle ne souhaite « apporter aucune précision ». Sans préciser la matière qu’enseignera M. Uribe – ni quand il le fera –, le directeur de l’établissement, M. Pierre Padilla, assure néanmoins que « M. Uribe viendra régulièrement (2) » à Metz.

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Colombie : 40% de massacres en plus en 2010 selon l'ONU

Bogotá – Les massacres ont augmenté de 40% en Colombie en 2010, les nouvelles bandes criminelles s'étant renforcées au point de devenir la principale menace, annonce l'ONU dans son rapport annuel sur les droits de l'homme dans ce pays d'Amérique du Sud.

Pendant la présentation, le représentant à Bogotá du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Christian Salazar, a exprimé la préoccupation de cet organisme face à "une augmentation de la violence engendrée par ces groupes armés illégaux".

Ces bandes criminelles ou "bacrim", comme les appelle le Gouvernement, ont commis "des homicides, des menaces, des extorsions et des actes de violence sexuelle, et provoqué des déplacements forcés individuels et collectifs", selon Salazar.

"Il est particulièrement préoccupant de constater la forte croissance des massacres (40%) dans le contexte de disputes violentes entre ces groupes et entre les factions d'un même groupe", a-t-il précisé, en qualifiant ces organisations de "groupes armés illégaux apparus dans le sillage de la démobilisation des organisations paramilitaires".

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Nancy Fiallo Araque. Défenseure des droits humains menacée

Au cours de ces derniers mois, la défenseure des droits humains Nancy Fiallo Araque a reçu a plusieurs reprises des menaces de mort par téléphone et a été suivie dans Bogotá, en Colombie. De même que d'autres défenseurs des droits humains, elle suit le déroulement de procédures judiciaires menées contre des personnalités politiques suspectées d'entretenir des liens illégaux avec des groupes paramilitaires.

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Disparition de Sandra Viviana Cuellar

Santiago de Cali, marzo 4 de 2011

Lettre à l’opinion publique

Cela fait plus de quinze jours que nous recherchons Sandra Viviana. Nous avons parcouru des rues, des hôpitaux, des morgues, des endroits inhospitaliers, des quartiers populaires ; nous nous sommes rendus à plusieurs endroits où on nous dit que Sandra a été vue, en imaginant que Sandra y a pu être droguée et puis abandonnée ; nous sommes arrivés dans des quartiers délaissés par la société, des endroits sans nom habités par des gens qui déambulent en portant leur misère. Personne ne sait où elle est. Sa famille, ses amis, ses camarades d’étude et ses professeurs, ainsi que les gens solidaires de toute la ville et du pays, nous avons déployé tous les efforts à notre portée pour la rechercher dans un grand nombre de quartiers de Cali, dans des municipalités avoisinantes telles que Palmira, Buga, Yumbo, Florida, Pradera, Jamundí, Tulúa y Guacarí. Nous avons distribué plus de vingt-mille flyers et posters et depuis 10 jours nous avons installé une tente pour échanger des renseignements sur notre recherche, près de l’endroit où l’on présume que Sandra a été attaquée. A cet endroit, nous nous sommes réunis et nous avons distribué des informations relatives à sa disparition.

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Wikileaks : Agenouillement du gouvernement colombien devant les États-Unis

Les révélations de Wikileaks montrent l’agenouillement du gouvernement colombien devant les États-Unis

 

Interview avec le vidéojournaliste colombien Jorge Enrique Botero

Question : Quelle première lecture pourrait-on faire de la partie Colombie des révélations de Wikileaks qui commencent à paraître dans le journal colombien El Espectador ?

Jorge Enrique Botero : Y compris les secteurs les plus traditionnels de la société colombienne qui ont toujours été favorables aux États-Unis ont été étonnés par les révélations publiées par El Espectador et provenant de Wikileaks, en raison des niveaux d’abjection auxquels sont arrivés les fonctionnaires du gouvernement du président Uribe Vélez, le haut commandement militaire, ainsi que certaines personnalités issues du monde politique ou économique.

C’est un vrai défilé d’agenouillement des dirigeants colombiens devant Washington, si bien que Semana, qui n’est pas exactement une revue de gauche, se demande si le bureau de la présidence colombienne se trouve à la Maison Blanche ou à la Casa de Nariño. Chez beaucoup de Colombiens ces câbles ont révélé une situation honteuse parce qu’il s’agit d’une longue période d’abjection et d’agenouillement des dirigeants colombiens devant Washington.

Question : À la suite de la publication de ces câbles certains médias ont fait remarquer que l’ambassade des États-Unis ressemble à un confessionnal. D’autres sur Internet disent que les fonctionnaires colombiens passaient par les magasins de sport pour acheter des genouillères avant d’aller à l’ambassade des États-Unis. Que pensez-vous de ces réactions ?

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Protestation de parlementaires français et européens suite à la nomination de M.Alvaro Uribe en France

Nous, parlementaires français et européens, tenons à faire part de notre indignation suite à la nomination de l'ex-président colombien M. Alvaro Uribe Velez comme enseignant à l'École Nationale d'Ingénieurs de Metz (ENIM), en contre-partie des contrats juteux passés entre cette institution éducative et l'Etat colombien. L'Union européenne et la France se revendiquent de la défense des droits de l'homme. Ce serait ajouter une nouvelle incohérence à l'accomplissement de ces objectifs politiques, et ce serait rendre un bien mauvais service à l'éducation de jeunes européens que d'accepter une telle nomination

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TEJE : Lettre d'indignation au directeur de l'ENIM

Monsieur le Directeur,

Nous avons constaté avec effarement que vous affichiez avec fierté la présence d'Alvaro Uribe en tant qu'enseignant dans votre établissement; compte tenu de votre honorable fonction, nous ne pouvons qu'imaginer que vous ignorez les controverses dont fait l'objet actuellement l'ex Président de la Colombie;

Nous sommes choqués par la présence d'un tel professeur, car, contrairement à ce qui est affiché sur votre site, c'est la jeunesse colombienne qui a été la victime principale du Président Uribe.

 

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Communiqué TEJE : Manifestation de Refus face à la nomination d'Alvaro Uribe comme professeur en France

Nous, membres de l'Association TEJE, composée majoritairement d'étudiant(e)s colombien(ne)s et de diplômé(e)s d'institutions d'éducation supérieure en France, exprimons notre indignation face à la nomination récente d'Alvaro Uribe Vélez comme enseignant à l'École Nationale d'Ingénieurs de Metz (ENIM).

Personnage controversé de l'histoire récente de la Colombie, ancien Président de la République de Colombie de 2002 à 2010, Alvaro Uribe a été impliqué dans de nombreux cas de violations des Droits Humains ; il est notamment accusé de s'être imposé dans le paysage politique grâce à des manœuvres exécutées en lien avec les narcotrafiquants et les leaders des armées paramilitaires, dont il a été, par ailleurs, promoteur dès les années 1980.

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