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Les assassinats d’enseignants continuent

La Confédération syndicale internationale (CSI) condamne une nouvelle fois avec véhémence l’assassinat de deux enseignants colombiens. Il s’agit cette fois de Carlos Julio Gómez Freddy, tué le 26 mai, et d’Antonio Cuadrado Núñez, tué le 29 mai. Ces assassinats viennent s’ajouter à la longue liste de syndicalistes et d’enseignants assassinés depuis le début de l’année.

Dans la matinée du 26 mai, des inconnus ont ouvert le feu sur Carlos Julio Gomez, enseignant à l’Institut General Santander, à Cali, affilié au Sindicato Único de Trabajadores de la Educación del Valle (SUTEV). Grièvement blessé, le camarade Gómez a été conduit à la clinique Rey David, à Cali, où il a succombé à ses blessures le 29 mai.

Le vendredi 27 mai, un autre enseignant, Freddy Antonio Cuadrado Núñez, employé à l’institut Isaac J. Pereira, a été assassiné dans la localité de Ciénaga, à Magdalena. Un tueur à gages l’a abattu d’une balle dans la tête alors qu’il célébrait son 46e anniversaire.

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Disparitions forcées, un autre fléau

Michaëla CANCELA-KIEFFER. AFP Bogotá. Source : cyberpress.ca

Ils sont des dizaines de milliers en Colombie dont les corps n'ont pas été retrouvés, après avoir été éliminés par l'armée ou les paramilitaires, une «honte face au monde» selon les mots du ministre colombien de l'Intérieur, German Vargas, après des années de silence de l'État.

Selon les données officielles, la Colombie compte 57 854 disparus dont 4210 mineurs. Sur ces cas au moins 26 500 correspondraient à des disparitions forcées dont seraient responsables l'armée ou les paramilitaires, un chiffre proche des 30 000 disparus sous la dictature en Argentine, même si dans ce dernier pays il ne s'agit pas d'une estimation officielle, mais d'ONG. «Que la Colombie compte autant de ses citoyens portés disparus est une véritable honte face au monde», a déclaré German Vargas jeudi soir. «Face à ce chiffre et à la douleur encore plus grande que ces données ne peuvent refléter, l'identification (des disparus) doit être une priorité pour l'État colombien», a-t-il ajouté en présentant une liste de 10 000 disparus qui ont pu être identifiés.

Lundi, Christian Salazar, représentant en Colombie du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme avait pour sa part jugé les données disponibles «terrifiantes». Mais aucune donnée fiable n'existe. D'autres chiffres du parquet font état de quelque 35 000 cas de disparitions forcées, tandis que certaines associations évoquent jusqu'à 200 000 disparitions depuis la fin des années 1970. Christian Salazar pour sa part dénonce l'«impunité» de la plupart des cas de disparition, car, explique-t-il à l'AFP, «chaque jour on découvre de nouveaux chiffres, qui révèlent l'ampleur du phénomène» et il ne s'agit sans doute «que de la pointe de l'iceberg».

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Des membres du MOVICE menacés de mort

Franklín Torres, Ingrid Vergara et Pedro Geney, membres du Mouvement national des victimes de crimes d ' État (MOVICE), ont reçu le 19 mai une menace de mort par Internet dans le département de Sucre (nord de la Colombie).

Le 19 mai, Franklín Torres, Ingrid Vergara et Pedro Geney, membres du MOVICE, ont reçu un courriel dont le sujet était « …vous êtes dans le champ de mire, du sang coulera la semaine prochaine ». Le message contenait une photo de chacun d'eux, suivie de texte les accusant d'appartenir aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), un groupe de guérilla. Sous leurs photos était marqué : « si vous voyez cette personne, dénoncez-la ou encore mieux, tuez-la ».

Ingrid Vergara, Franklín Torres et Pedro Geney sont membres du MOVICE à Sincelejo, dans le département de Sucre. Cette organisation fait campagne pour la restitution de terres volées par des groupes paramilitaires soutenus par l'armée, notamment dans la région de Montes de María. Ce travail comprend des campagnes pour la restitution de la ferme La Europa, située dans la municipalité d'Ovejas, dans le département de Sucre. Des membres du MOVICE sont menacés et tués dans le cadre de leur mission. Parmi eux figure Eder Verbel Rocha, tué par des paramilitaires le 23 mars 2011. Le 17 mai, le chien de la famille Verbel a été empoisonné et un proche d'un des tueurs présumés d'Eder Verbel Rocha a affirmé qu'ils empoisonneraient toute la famille.

Le 16 mai, un membre des forces armées colombiennes a dit à Jakeline Moguea et Adolfo Verbel, eux aussi membres du MOVICE, qu'il vaudrait mieux qu'ils restent chez eux car selon certaines informations, les personnes ayant reçu des menaces par le passé seraient tuées.

Voir : Amnesty International

Un groupe de jeunes déplacés en Colombie met en musique son quotidien

Source : UNHCR

BUENAVENTURA, Colombie, 19 mai (HCR) – Ils se sont regroupés dans la rue en grand nombre, la tête dressée, les épaules carrées et paraissent des durs à cuire derrière leurs lunettes de soleil et leurs casquettes de baseball. Il y a de la tension dans l'air, les habitants du bidonville regardent depuis le deuxième étage, ne sachant pas bien à quoi s'en tenir.

Puis la musique rugit et les caméras commencent à tourner. C'est This is My Territory, un groupe musical de 27 jeunes Afro-Colombiens, qui tourne son premier clip avec le soutien du HCR. Tous les éléments de cette production sont faits maison, depuis le son original enregistré sur un vieil ordinateur portable appartenant à l'un d'entre eux au studio d'enregistrement de fortune fait de boites à œufs et au lieu de tournage situé dans le barrio local (quartier).

Ce groupe s'est formé et a trouvé son nom après un festival de musique urbaine qui a duré deux jours en décembre dernier. Cet événement a fourni une plateforme pour plus de 300 jeunes qui s'organisent eux-mêmes contre la violence à Buenaventura, le port le plus important de la région de la côte Pacifique en Colombie, où vivent un grand nombre de personnes déplacées par les affrontements entre groupes armés illégaux sévissant dans les régions environnantes.

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Attaque à la presse indigène

Les campagnes d'intimidations et de terreur en Colombie suivent actuellement un rythme effréné, en particulier contre des journalistes et des médias. Dans le derniers mois, onze journalistes et autant de radios indigènes ont été visés par les paramilitaires.

 

L’occupation paramilitaire au Curvaradó s’intensifie

Les opérations paramilitaires pour le contrôle social du territoire continuent à augmenter en intensité au Curvaradó.

Jeudi le 19 mai un groupe de paramilitaires munis d’armes longues et courtes ont pénétré dans la communauté du conseil mineur de Villa Luz, au Curvaradó. Ils ont empêché les résidents de se déplacer aux endroits où le signal téléphonique était accessible afin de pouvoir se communiquer avec l’extérieur. Quelques résidents ont réussi à déjouer l’encerclement paramilitaire et sont partis de la région, par peur de représailles pour avoir défié les ordres paramilitaires. Selon un témoin, les paramilitaires sont arrivés une journée avant l’incursion. Ils ont offert aux gens de la communauté d’acheter des vêtements civils et ont fait pression pour la vente de cellulaire qu’ils étaient prêts à payer jusqu’à 300 milles pesos colombiens, soit $150US.

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Des activistes exigent que Chiquita Brands soit tenue responsable de ses actes pour des paiements qu’elle a effectués à des groupes en marge de la loi

Durant la réunion des actionnaires d’aujourd’hui, un groupe de défenseurs de droits humains, syndicalistes et actionnaires ont exigé au président de Chiquita Brands, Fernando Aguirre, qu’il accomplisse les promesses faites, il y a un an, soit de prendre les mesures nécessaires pour répondre aux préoccupations relatives aux paiements faits par Chiquita aux groupes illégaux de Colombie.

De plus, ils ont signalé les actions de Chiquita comme une autre raison pour ne pas approuver l’Accord de libre-échange entre les États-Unis et la Colombie.

« Durant 15 ans, Chiquita a payé des millions de dollars pour la sécurité, aux deux groupes les plus brutaux de l’hémisphère » a dit Jess Hunter-Bowman de l’Accion Permanente por la Paz (Action Permanente pour la Paix). « L’exécutif de la compagnie savait que cultiver des bananes dans une zone de guerre est dangereux. Pour ne pas sortir de la zone et ainsi prévenir les entrés, ils ont payé des assassins pour protéger leurs opérations en plus de savoir que ces groupes armés qu’ils ont payé assassinaient des milliers de civils innocents. »

 

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Les leçons de Santurban

Projet de la multinationale minère canadienne Greystar à Santander

La mobilisation sociale ou la prise de conscience des effets environnementaux que provoquerait l’éventuelle opération de l’entreprise Greystar dans les étendues de Santurbán sur le climat et la contamination de l’eau — eau qui approvisionne une partie des habitants de Santander et alimente les rivières Lebrija, Pamplonita et Zulia de même que les affluents des rivières Catatumbo et Arauca — a joué en faveur du désistement temporaire de la multinationale et démontre clairement les possibilités d’élaboration de nouvelles expressions sociales.

Toutefois, il est nécessaire de soupeser ces portées et de définir des stratégies à court et à long terme qui pourront s’appliquer à d’autres situations similaires, lesquelles mettent en jeu le futur et la vie de millions de Colombiens qui pourraient être affectés par l’extraction minière et d’hydrocarbures.

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Des paramilitaires ont tué un défenseur des droits de l'homme. Eder Verbel Rocha

DES PARAMILITAIRES ONT TUÉ UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS

Le 23 mars, deux paramilitaires ont tiré sur Orlando Enrique Verbel Rocha, Eder Verbel Rocha et le fils de ce dernier à San Onofre, une commune du nord de la Colombie. Eder Verbel Rocha a été tué dans l'attaque. Amnesty International craint pour la vie de sa famille et des autres membres du MOVICE.

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Genèse de la disparition forcée en Colombie

   Jeudi 16 septembre 2010 – MOVICE

Version française : Christophe Kenderian

 

 

Les premières disparitions forcées se produisent à la fin des années 70’ en Colombie, dirigées contre des militants reconnus de gauche (syndicalistes, étudiants, intellectuels, entre autres), des partis politiques d’opposition comme le Parti Communiste, ou des membres d’organisations insurgées capturés en dehors des combats. À cette époque, on en sait très peu sur ce genre de crime, il n’est pas considéré comme un acte criminel dans le pays. Les autorités judiciaires et politiques le justifient en signalant simplement qu’il s’agit de personnes disparues ou qui ont décidé d’intégrer des groupes insurgés. Depuis, des informations concernant les victimes ont été recueillies, la plupart du temps par des organisations de défense des droits humains qui ont enregistré de nombreux cas dans leurs bases de données, mais ceux-ci restent dans la plus totale impunité.

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